Servitudes

Mercredi 13 septembre 2006 3 13 09 2006 15:33

De plus en plus de visites... Du fond du coeur un grand merci à tous...

Pour ce récit aussi tout comme pour "l'histoire d'une blogueuse" toute ressemblance  avec des personnes etc... etc... 

Bonne soirée à tous...

S E R V I C E     M I N I M U M

 

 

 

 

Fiona m’avait assuré, dès le début, qu’elle n’y attachait aucune importance… - On fera avec… C’est pas l’essentiel, ça, le sexe… On peut très bien s’en passer… Du moment qu’on s’aime… Ca me convenait tout à fait : j’étais doté d’une minuscule petite queue qui s’était toujours avérée incapable de procurer le moindre plaisir aux deux seules partenaires que j’avais eues avant elle… Elles s’étaient montrées tout aussi franches l’une que l’autre… - C’est vrai que c’est pas la taille ni l’épaisseur qui compte, avait conclu Sophie en me quittant, au bout de trois semaines, mais faut quand même un minimum !… Quant à Séverine elle s’étonnait chaque fois… - On sent rien… Absolument rien… On dirait que t’es pas dedans… Ca avait duré deux mois…

 

 

 

Fiona n’y attachait pas d’importance… Elle le disait… Elle le répétait… Elle paraissait le croire… Sous mes doigts, sous ma langue, sous ma bouche elle approchait parfois de l’extase que je rêvais de lui donner… Quand je venais en elle jamais… Elle me laissait m’agiter, les bras serrés autour de moi, attendait que j’aie fini pour demander invariablement… - C’était bon pour toi ?… Je m’inquiétais : elle était vraiment sûre que ça avait si peu d’importance pour elle?… Elle me faisait taire d’un baiser… - Te pose pas de questions qui n’en valent pas la peine…

 

 

 

Par ailleurs on s’entendait bien… On avait les mêmes goûts, les mêmes intérêts, les mêmes fréquentations… On coulait des jours paisibles, heureux, sans dissensions majeures, sans heurts… On s’en émerveillait… On n’avait, ni l’un ni l’autre, jamais connu ça… Et on a décidé de se marier, par un beau matin d’Avril, pour le meilleur et pour le pire…

 

 

 

Le pire a pris - très vite - le visage de Marie-Claude dont elle a fait la connaissance, peu après, au cours d’un stage de yoga… Elle s’est aussitôt enthousiasmée pour elle… Il n’y en avait plus que pour Marie-Claude… Qui était une femme d’exception… Qui savait tout sur tout… Qui avait atteint un haut niveau de développement spirituel… Qui pouvait, dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres d’ailleurs, rivaliser sans complexes avec les plus grands… Marie-Claude dont j’aurais eu, moi aussi, beaucoup à apprendre… Marie-Claude qui me sortait chaque jour un peu plus par les yeux…

 

 

 

- Tu sais pour ton problème… - Quel problème ?… - Marie-Claude dit qu’il y a des tas de solutions… - Ah, parce que tu es aussi allé parler de ça à Marie-Claude ?… - Bien sûr !… On se dit tout toutes les deux… On est comme deux sœurs… Elle dit qu’il y a des tas de solutions, mais que le mieux c’est encore de commencer par la médecine traditionnelle… Elle connaît une infirmière qui travaille dans le service d’un professeur spécialisé là-dedans… Ils obtiennent des résultats spectaculaires… Même si c’est pas à tous les coups… Alors on va aller la voir cette infirmière… Demain… Marie-Claude a tout arrangé… Elle nous dira ce qu’elle en pense… - C’est ça… Et puis quoi encore ?…  - Bon… Eh bien je continuerai à me masturber en cachette dans la salle de bains comme quand j’avais douze ans…

 

 

 

L’infirmière était une gamine d’à peine vingt-cinq ans qui a pris tout son temps pour scruter, palper, mesurer… Qui a recommencé… Qui a soupiré… Qui a fini par hocher la tête… - A ce point-là, à mon avis, il y a rien à faire… Il peut aller voir Mercoeur… Il l’examinera… C’est à lui de décider… Mais enfin, pour être franche, je crois que ça n’en vaut même pas la peine…

 

 

 

Elle a patiemment attendu que je sois arrivé au bout et elle s’est redressée sur un coude… - Ca peut pas durer comme ça !… Faut vraiment faire quelque chose… Marie-Claude m’a parlé d’une magnétiseuse… Une femme exceptionnelle… - Ca va pas recommencer, écoute !… - Parce que ça te va comme ça à toi ?… T’es satisfait ?… Eh ben pas moi !… - Tu as toujours dit que ça n’avait pas d’importance pour toi, que l’essentiel c’était…   - J’ai changé d’avis… Marie-Claude m’a ouvert les yeux… Moi aussi, j’ai le droit de m’épanouir, figure-toi !… Comme toutes les femmes… A quarante ans il serait temps…  - Ce qui veut dire, en somme, si je te comprends bien, qu’il faut que j’aille montrer ma queue à tous les charlatans de France et de Navarre… - On peut pas discuter avec toi… C’est pas la peine… Et elle m’a tourné le dos… Il s’est passé une dizaine de minutes et puis les draps ont été agités comme de vagues… Il y a eu des battements de jambes… Des soubresauts… Des convulsions… Et elle a bruyamment donné libre cours à son plaisir…

 

 

 

Dès le lendemain elle est revenue à la charge… - Je te comprends pas… Non, je te comprends pas… Parce que voilà un truc dont tu souffres depuis des années et des années, tu diras pas le contraire… On te propose des solutions… Efficaces… Qui ont fait leurs preuves… Et tu fais la fine bouche… Et tu veux pas en entendre parler… A croire que tu préfères te complaire là-dedans… Que ça te satisfait finalement quelque part… Mais à moi, tu y penses quelquefois à moi?… Non… C’est le dernier de tes soucis… Alors tu t’étonneras pas si, à la longue, je finis par aller voir ailleurs…

 

 

 

La magnétiseuse a fait tourner son pendule au-dessus de mon bas-ventre pendant un bon quart d’heure… Et puis elle y a réuni les mains, l’air grave, inspirée, concentrée… - Bon… Le cas n’est pas désespéré… On devrait pouvoir réussir à gagner un peu, surtout en épaisseur… Je vais vous prescrire un onguent que je fais venir spécialement du Kenya… Les guerriers masaï l’utilisent depuis des générations… C’est une référence… Mais ne vous attendez pas à ce que vos attributs en deviennent pour autant comparables aux leurs… Ca ne pourra évidemment jamais être le cas… Elle a tendu deux gros pots de céramique dont Fiona s’est emparée… - Le blanc le matin… Le bleu le soir… Vous vous en enduisez largement sur toute la surface et vous laissez pénétrer… On se revoit dans six mois…

 

 

 

Elle a voulu s’en occuper elle-même… - Laisse-moi faire !… Parce que je te connais… Tu vas oublier les trois quarts du temps… Si encore tu le fais pas exprès… Matin et soir, c’était donc tout un cérémonial qu’elle accomplissait avec infiniment de sérieux… Qui durait, chaque fois, une bonne demi-heure…Et qui ne donnait aucun résultat… Elle avait beau mesurer, chaque samedi, avec soin, les choses restaient désespérément en l’état… - Non… Non… Ca n’a pas bougé… Il faut qu’on soit patients… Elle a dit six mois…

 

 

 

- Ils sont où ?… - Quoi donc ?… - Les pots du Kenya… - Je les ai balancés… J’en ai marre de toutes ces idioties… - Ah ben bravo !… Bravo !… Alors moi je me mets en quatre, je me décarcasse pour toi et tout ce que tu trouves à faire c’est me mettre des bâtons dans les roues à la première occasion… Et à moi tu y penses à moi de temps en temps ?… Evidemment non… Il n’y en a que pour ta petite personne… Bon, mais t’étais prévenu, tu diras pas le contraire… Tu l’auras bien cherché…

 

 

 

- Tu sors ?… - Je sors, oui… - Tu vas où ?… - Si on te le demande tu diras que tu n’en sais rien… Elle n’est rentrée qu’au petit matin, a dormi jusqu’à midi… A cinq heures Marie-Claude a appelé… - Oui… Oui… Moi aussi… Il y a longtemps que je m’étais pas éclatée comme ça… Pas de problème… Même heure même endroit… Oui… Oui… A tout à l’heure… Et puis un type un peu plus tard… - Norbert !… C’est toi !… Ca me fait plaisir, tu peux pas savoir !… Et moi donc !… J’espère bien… Il manquerait plus que ça !… Oui… Oui… Je te dirai… J’arrive… Je t’embrasse…

 

 

 

Elle sortait tous les soirs… Presque tous les jours… Il y a eu une voiture verte qui est venue l’attendre en bas pendant près d’une semaine… Qui a disparu… Une autre - grise - l’a remplacée… Qui a fini par disparaître aussi… D’autres… Plus ou moins longtemps… Quand elle ne sortait pas elle se donnait son plaisir avec ses doigts… Dans le lit, à mes côtés… Ou bien, dans la journée, là où elle se trouvait… Avec la plus totale impudeur…

 

 

 

- Ca te convient comme situation ?… Elle finissait de se préparer dans la salle de bains… Le grand jeu… Robe moulante rouge et maquillage de conquête… - Pas vraiment, non… - Ca… Tu n’as qu’à t’en prendre à toi-même… Il y avait des solutions… Il y en a encore… A toi de voir… C’est pour toi… Parce que moi maintenant j’ai ce qu’il me faut… Quand je veux… Comme je veux… Seulement si tu fais rien de ce côté-là, si on fait rien, s’il peut jamais rien y avoir entre nous, alors je vais finir par me demander sérieusement ce qu’on fait encore ensemble…

 

 

 

- Il faut lui ouvrir les chakras… Ca vient de là, c’est évident… Là-dessus Marie-Claude et la sophrologue-sexologue-coacheuse sont tombées parfaitement d’accord après une demi-heure d’incompréhensible charabia… Mais encore fallait-il d’abord se faire une idée aussi précise que possible de mes vies antérieures… - Ca a dû être quelque chose !… - Oui… On peut supposer que son organe était déjà d’un format inhabituel, mais… dans l’autre sens… Ou bien qu’il en a fait un usage tout à fait immodéré… L’un n’excluant d’ailleurs pas forcément l’autre… Une hypothèse également plausible, c’est que c’était un chef de guerre qui avait pour habitude d’émasculer ses prisonniers en prenant un malin plaisir à les faire atrocement souffrir… Il y a toutes sortes d’autres possibilités auxquelles on ne pense pas forcément… Seules les régressions nous permettront d’y voir clair… Elles m’ont fait allonger, calé la tête avec des coussins… - Fermez les yeux !… Détendez-vous !… Ne pensez à rien… Vous entrez dans un long tunnel… Tout au bout, là-bas, il y a une lumière, une extraordinaire clarté… Vous la voyez ?… Vous êtes irrésistiblement attiré par elle… Vous accélérez le pas… Vous approchez… C’est tout près… C’est là… Vous y êtes… Le temps que vos yeux s’habituent… Là… Qu’est-ce que vous voyez ?… Hein ?… Qu’est-ce que vous voyez ?… - Je vois deux connes qui se prennent terriblement au sérieux…

 

 

 

- Non, mais tu te rends compte de ce que tu as fait ?… Pour quoi je suis passée, moi ?!… Ah, t’avais bien préparé ton coup , hein ?!… Un moment que ça te démangeait… Que tu en rêvais… Que tu ne pensais plus qu’à ça : t’offrir ton petit scandale… J’aurais dû m’y attendre… Il fallait bien qu’un jour ou l’autre  tu essaies de compenser tes insuffisances physiques en t’en prenant à nous… Nous qui faisons tout ce que nous pouvons pour t’aider… Mais, mon pauvre, regarde-toi !… Tu ne leur arrives pas à la cheville !… Et t’es même pas fichu de t’en apercevoir… Non, mais ce petit air supérieur que tu as pris pour leur balancer ça !… Jamais je te le pardonnerai… Jamais… Tu me le paieras… Je te jure que tu me le paieras… Cher… Très cher…

 

 

 

- Je te présente Baptiste… Il me saute… Depuis trois mois… Et il fait ça bien… Très bien même… Faut dire qu’il est équipé pour, lui !… Attends… Je vais te montrer!… Elle l’a déboutonné, déshabillé… Il s’est laissé faire, un vague sourire fiché au coin des lèvres… - Qu’est-ce t’en penses ?…Ca au moins c’en est une, non, tu trouves pas ?… Elle l’a prise dans sa main… Elle l’a fait s’élancer… - Regarde-moi ça !… Non, mais regarde-moi ça !… Comment ça donne envie… Tu peux pas savoir comment ça donne envie !… Et avec ça au moins… Tu veux voir ?… Mais si, tu vas voir !… T’auras qu’à te branler en même temps… De toute façon maintenant t’auras plus droit qu’à ça…

 

 

Par François
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Vendredi 15 septembre 2006 5 15 09 2006 20:07

Il peut se passer - il se passe souvent - des tas de choses dans les cabines d'essayage... Et autour...

La preuve? Le passionnant récit de Linda sur son blog... Non, non, je ne vous raconte pas... Si vous voulez le lire il est là:http:www.blogg.org/blog-32356.html

En petit clin d'oeil à elles, ce texte que je vous propose de découvrir ce soir

Bonne lecture à tous...

L A     V E N D E U S E

 

 

 

 

- Vous prendriez pas quelqu’un comme vendeuse?... Je n’en avais pas la moindre intention: ma clientèle ne le justifiait pas... Et pourtant je me suis entendue aussitôt répondre à mon grand étonnement... - Si!... Justement... Vous tombez bien... Qu’est-ce qui avait bien pu me passer par la tête?... Elle n’a manifesté ni surprise ni satisfaction particulière... Comme si ça allait parfaitement de soi... Comme si, en passant la porte, elle avait déjà été absolument sûre que j’allais l’embaucher... - Je commence quand ?… - Le plus tôt possible… - Demain alors !… Mais faudra qu’on voie pour mes horaires... Parce que j’ai aussi mes cours à la fac...

           

 

 

            Dès le mercredi suivant elle a tranquillement constaté: - Il y a pas grand monde, dites donc, chez vous!... - Oh, chez personne... Le commerce en ce moment... - Et les clientes, la plupart du temps, vous les laissez partir sans rien acheter en plus!... Alors!... - Les clientes ont horreur qu’on leur force la main... - Oh alors ça!... Ca dépend!... Certaines, oui, bien sûr!... Mais il y en a plein d’autres au contraire qui demandent que ça... Qu’on s’occupe d’elles... Qu’on les prenne en charge... Elles en ont besoin… Parce qu’elles savent pas elles-mêmes ce qu’elles aiment... Une sape elles sont incapables de se rendre compte si elle leur va ou pas… Et si vous décidez pas à leur place... Forcément elles s’en vont… Obligé…

 

 

 

 

 

            Et effectivement... Effectivement… Force m’était de constater avec infiniment de dépit et d’envie qu’elle réussissait des ventes que, pour ma part, j’aurais été bien en peine de réaliser... A ce moment précis où je considérais, moi, que la partie était définitivement perdue, qu’il était inutile d’insister - quand le désir d’achat se délite, parce qu’on n’a pas eu l’indispensable coup de foudre, quand on renonce, quand on se laisse doucement dériver vers la sortie - c’est à ce moment-là qu’elle, elle intervenait... - Et si vous essayiez ça?!... C’est complètement votre style... Essayez!... Vous verrez bien... Ca vous engage à rien n’importe comment... Elle entraînait insensiblement vers la cabine... - Alors?!... Ca donne quoi?... Elle écartait résolument le rideau... - Ah oui!... Ah oui!... Comment ça vous met en valeur!...  C’est fou!... Mais attendez!... Attendez!... J’ai quelque chose là-bas... Le rideau se tirait, se retirait... - Une personnalité comme la vôtre c’est vraiment pas banal... Ce serait un crime de pas la faire chanter... De pas en tirer tout le parti possible... Elle se faisait complice... Une conversation animée s’engageait, parfois entrecoupée de grands fous rires... Elle accompagnait jusqu’à la caisse, reconduisait sur le pas de la porte, regardait s’éloigner sur le trottoir... - Elle reviendra... Aucun doute qu’elle reviendra... Elle revenait…

 

 

 

 

 

- Je peux vous dire quelque chose?... Vous vous vexerez pas ?… Elle venait de finir la vitrine... - C’est au sujet des fringues... Parce que vos goûts c’est les goûts de quand vous, vous étiez jeune... C’est pas ceux de maintenant... Et forcément, du coup, il y a des clientes vous pourrez jamais les avoir... Elles auront même pas l’idée d’entrer ici... Alors que si vous me laissiez les faire les commandes... Au moins celles pour les filles de mon âge...

 

 

 

            - Ca!... Ca!... Ca!... Moreau acquiesçait, à grands coups de menton, cochait les cases, sur son bon, au fur et à mesure d’un petit air satisfait... - Elle sait ce qu’elle veut, la jeune fille... C’est votre fille?... Elle a du goût en tout cas... Et elle sent bien, d’instinct, ce qui est dans l’air du temps... Vos ventes vont s’envoler, Madame Cartier, vous allez voir, vous m’en direz des nouvelles...

 

 

 

 

 

            - Vous avez quelqu’un?... Elle était accoudée à la caisse, à côté de moi, dans l’après-midi finissante... - Non, vous n’avez personne... Ca se voit tout de suite, ça!... Vous avez jamais eu personne?... - Oh si, si!... - Il y a longtemps?... - Non... Pas tellement... - Combien?... - Je sais plus... Exactement je sais plus... - Mais si, vous savez!... On peut pas ne pas savoir un truc pareil... Dix ans?... Plus?... Moins?... Vous voulez pas le dire... C’est que ça fait longtemps alors!... Et ça vous manque pas?... - Oh, que non!... Je suis très bien toute seule... - Ca, c’est toujours ce qu’on dit quand on a personne et qu’on en crève d’envie... Quel âge vous avez au juste?... - 45... - Mais comme ça, de temps en temps, vous en avez quand même des types?... - Bien sûr!... Bien sûr!... Comme tout le monde... - Je crois pas... Ca m’étonnerait... Vous êtes pas le genre… Vous, vous êtes plutôt du genre à attendre encore le Prince Charmant... Il viendra pas le Prince Charmant... Il viendra plus... Plus maintenant... Il vient jamais n’importe comment... Faut pas rêver…

 

 

 

 

 

Elle était en train de partir la cliente… - Je reviendrai… Je vais réfléchir… Elle ne reviendrait pas… Une fois de plus je venais de rater lamentablement une vente… Elle a surgi, pris les choses en mains… - Vous avez vu ces petits ensembles qu’on a reçus là-bas au fond ?… Non ?… Venez y jeter un coup d’œil… Juste pour le plaisir… Elle en a acheté deux… Les plus chers…

 

 

 

 

 

- C’est drôle cette idée que vous avez eue quand même de vous lancer dans le commerce… Ca vous va pas du tout… Ca se sent tout de suite… Vous l’avez hérité votre truc, hein, c’est ça !?… - De ma mère, oui !… Elle l’a tenu toute sa vie… Elle est morte il y a deux ans… - J’en étais sûre… Et vous avez jamais eu l’idée de faire autre chose ?!… Non… Evidemment… Bon… mais de toute façon maintenant à votre âge c’est trop tard… Vous y êtes vous y êtes… Et pour un bon moment… Faut faire avec… Sauf qu’à vous y prendre comme vous vous y prenez un de ces quatre vous allez boire le bouillon c’est obligé… Et le pire c’est qu’on dirait que vous vous en fichez… Parce que vous pourriez profiter de ce que je suis là - je serai pas toujours derrière vous, vous savez - pour venir voir comment je fais, pour en prendre de la graine… Mais non !… Pas moyen de vous décrocher de derrière votre caisse…  

 

 

 

 

 

C’était une jeune femme d’une trentaine d’années… Elle n’est pas intervenue tout de suite… Elle l’a d’abord laissée tourner, apprivoiser les lieux, empiler sur son bras un… deux… trois pantalons… - On  peut essayer ?… - Bien sûr !… C’est là juste en face… Elle n’a pas quitté la cabine des yeux et elle s’est décidée d’un coup… A fait glisser le rideau sur la tringle… - Ca va comme vous voulez ?… Oui… Oui… Pas mal… Elle a passé un doigt entre le contrefort du pantalon et la peau… - C’est pile poil votre taille en plus… Nickel… Tournez-vous !… Impeccable !… Ca vous dessine au plus juste… Quand on a des fesses comme les vôtres il faut qu’elles se voient… Elle les a effleurées du revers de la main… - Et le vert ?… Vous l’avez essayé le vert ?… Non ?… Allez-y !… Elle le lui a tendu, l’a aidée à l’enfiler, à boutonner, s’est reculée… - Ah oui !… Ah Oui !… Mais j’aimerais pas être à votre place… Ils vous vont aussi bien l’un que l’autre… Pour arriver à se décider…

 

 

 

 

 

- Et voilà !… Elle aussi elle a pris les deux… Vous avez vu ?… C’est pas bien compliqué dans le fond… Le tout c’est de la sentir la cliente… De repérer très vite - tout de suite - comment elle fonctionne… De trouver la faille et de s’engouffrer aussitôt dedans… Parce que tout le monde en a une de faille quelque part… Plus ou moins profonde… Plus ou moins béante… Plus ou moins bien dissimulée… Mais tout le monde en a une… Qu’est jamais la même pour personne… C’est pour ça qu’il y a pas de règle générale… C’est toujours au coup pour coup… Il y en a vous avez intérêt à surtout pas intervenir… à vous effacer le plus possible… C’est pas la majorité… La majorité faut y aller… Et savoir comment la jouer… Des fois c’est à la professionnelle consciencieuse et détachée… Des fois à la bonne copine complice… Des fois à la femme admirative et jalouse de la beauté d’une autre… D’autres fois encore… Tout dépend… Mais l’essentiel toujours c’est de prendre le dessus, l’ascendant… C’est jamais gagné d’avance… Mais quand vous y arrivez… vous en faites ce que vous voulez… tout ce que vous voulez…

 

 

 

 

 

- Pourquoi vous m’avez invitée au restaurant ?… C’est pour me remercier de ce que votre chiffre d’affaires il s’emballe depuis que je suis arrivée, c’est ça?…       - Non… Non… Simplement pour le plaisir d’être un peu avec toi en dehors du contexte du magasin…  - C’est gentil… En tout cas c’est très bon… Vous faites quoi d’habitude le dimanche ?… Vous allez au restaurant ?… - Non… Rarement… - C’est vrai que toute seule… Vous faites quoi alors?… Vous restez chez vous à vous emmerder devant la télé?… Ca doit être gai… - Oh, j’ai l’habitude… Et puis quand on voit défiler du monde toute la semaine… - Mais c’est pas la même chose… Ca a rien à voir… Non… Que vous ayez jamais personne c’est un truc ça me dépasse… - Pour trouver quelqu’un qui tienne la route aujourd’hui… - Mais il s’agit pas de ça, attendez… Mais de s’éclater au moins… De prendre du bon temps… C’est comme ça qu’on trouve à force en plus… Parce qu’un jour il y en a un ça finit forcément par le faire…

 

 

 

 

 

- Si vous voulez vraiment y arriver, d’abord et avant tout la première chose c’est de vous emparer du rideau de la cabine d’essayage… De le tirer… tranquillement… naturellement… résolument… au moment que vous, vous avez choisi… Tout en vous - votre attitude, votre ton, vos gestes - doit proclamer que vous faites votre métier et rien que votre métier : vous vous mettez à la disposition de votre cliente… Un point c’est tout… En réalité, en tirant ce rideau, vous vous donnez surtout barre sur elle… et pas qu’un peu: parce que c’est vous qui avez délibérément pris l’initiative… parce que, par la force des choses, vous êtes un juge - ça lui va ou ça lui va pas ? - dont elle va devoir prendre l’avis en considération… et puis… et puis parce que quand on est à moitié dévêtu devant quelqu’un qui, lui, reste habillé on se sent forcément - intérieurement - en position d’infériorité… C’est vous qui menez le jeu… Vous n’avez plus qu’à pousser le plus loin possible votre avantage… Le plus efficace alors - chaque fois que vous sentez que vous pouvez - c’est encore de la toucher… Vous avez tout un tas de prétextes pour ça pendant un essayage : ajuster, lisser, faire disparaître un pli… Vous la touchez… Vous vous l’appropriez… Elle est à votre merci…

 

 

 

 

 

C’était une fille de son âge… qui a tourné un temps infini dans le magasin avant de se résoudre enfin à  gagner la cabine d’essayage… - A vous de jouer… Attendez !… Attendez !… Là… c’est bon… Allez-y !… J’y suis allée… Je me suis arrêtée, retournée… Elle m’a fait signe d’un hochement impérieux du menton… Allez !… Allez !… J’ai écarté le rideau… La fille finissait d’enfiler un pantalon…   - Qu’est-ce qu’elle veut celle-là ?… On l’a pas sonnée… J’ai précipitamment et piteusement battu en retraite… Elle m’a aussitôt remplacée…

 

 

 

 

 

Quand la fille a été partie elle a haussé les épaules… - Vous y arriverez jamais… C’est pas la peine… Et vous savez pourquoi ?… Parce que vous avez aucune confiance en vous… Et que ça se voit -  tout de suite - comme le nez au milieu de la figure… Rien que votre look !… On dirait que vous faites tout, exprès, pour être transparente, pour vous fondre dans le décor… Comment ça vous nuit ça dans le commerce !… Qui c’est qui pourrait avoir envie de vous ressembler ?… Et si on achète vos fringues on se dit qu’on va vous ressembler… C’est obligé… C’est comme pour les mecs… Comment vous voulez qu’un type il s’intéresse à vous si vous affichez carrément que vous l’êtes pas intéressante ?… Il va vous croire… Forcément, il va vous croire… Elle m’a longuement examinée, sourcil froncé, de haut en bas, de bas en haut, a hoché la tête… - Il y a tout à reprendre… Tout…

 

 

 

 

 

Elle a éteint la vitrine, baissé le rideau… - A nous deux !… On va s’occuper un peu de vous… Essayez ça !… - Ca ?!… Mais je pourrai jamais mettre ça…          - Mais si… allez !… Là… Faites voir !… Tournez-vous !… Impeccable !… Ca vous va super bien… - Tu crois ?… - Je crois pas… Je suis sûre… Passez celle-là maintenant… Non… Non… Vous avez la peau trop mate… Elle vous éteint… La verte ?… Elle l’a tirée à la taille, ajustée sur les seins… Pas mal, mais… Non… La première…

 

 

 

 

 

- Ah oui !… Ah oui !… Elle m’avait pris rendez-vous chez le coiffeur… Accompagnée… Elle avait donné ses consignes de bout en bout… Suivi au plus près le déroulement des opérations… - Ah oui !… Ah oui !… Vous avez rajeuni de dix ans… Une véritable métamorphose…On m’a promené une glace lentement tout autour de la tête… - C’est pas mieux?... Une autre... Différente... Une inconnue...    - Si!... Je sais pas... Faut que je m’habitue...

 

 

 

 

 

- Et attendez!... Attendez!... Vous êtes pas encore maquillée... A petits coups rapides, précis, expérimentés... - Comment ça vous change!... C’est fou... Personne va vous reconnaître... Et vous allez voir maintenant... Dans la tête aussi vous allez changer... Quand on n’est plus la même dehors on n’est plus la même dedans non plus... Marchez pour voir!... Allez jusqu’à la fenêtre!... Revenez!... Encore!... Déjà vous vous tenez nettement plus droite... Ca veut dire que déjà vous avez pris un peu plus confiance en vous...

 

 

           

 

 

- Ce qu’ils peuvent vous mater les types maintenant !… C’était vrai… Des regards se posaient sur moi, s’y attardaient, s’efforçaient d’attirer mon attention… Le serveur… Un homme à la table juste en face… Un autre…Elle a éclaté de rire… - On voit trop que vous avez pas l’habitude… Qu’il y a des années que ça vous est pas arrivé… Ca aussi va falloir que je m’en occupe… De vous trouver quelqu’un qui tienne la route… Surtout pour la première fois… Vous en avez de la chance de m’avoir rencontrée finalement !… Vous imaginez ce qu’elle serait votre vie sans moi ?!… Et des années ça aurait pu durer comme ça !…

 

 

 

 

 

- Comment vous l’avez trouvé ?… Il venait tout juste de franchir la porte… Il s’éloignait sur le trottoir… - Sympa… Gentil… - En tout cas vous êtes drôlement à son goût… Je le connais Stéphane depuis le temps… Et puis les femmes de votre âge, lui !… Vous serez pas déçue, vous verrez… Il est câlin comme tout… Et puis au lit il assure… Et pas qu’un peu… Vous m’en direz des nouvelles… - Hein !?… Oh non… non… Je pourrai jamais… - Bien sûr que si !… Faut vous lancer… Vous y arriverez jamais sinon… De toute façon je lui ai parlé… Vous pouvez plus reculer…

 

 

 

 

 

- Essayez ça !… Un soutien-gorge noir vaporeux transparent à motifs brodés entrelacés… Eh ben allez !… Me regardez pas comme ça !… Là… Elle a ajusté les bonnets sur les seins, passé un doigt entre le tissu et la peau… Nickel… Exactement votre taille… On peut pas rêver mieux… En douce que vous avez encore des sacrés beaux seins pour dire que vous avez 45 ans… Il va se régaler Stéphane… La culotte maintenant… Ben alors ?!… Oh  là là!… Faudra débroussailler tout ça, dites donc !… C’est la jungle là-dedans… Bon, mais allez-y !… Faites voir !… Tournez-vous !… Elle l’a tirée sur les fesses, mise en place devant… Là… Là… Super… A vous de jouer maintenant… 

 

 

    

 

 

- Vous me la copierez celle-là !… Non, mais attendez !… Moi, je me décarcasse tant que je peux pour vous… Pour que vous ayez l’air à peu près présentable… Pour que les mecs ils aient envie… Je vous en trouve un de mec… Et pas n’importe lequel… Je vous sors… Et vous, vous trouvez le moyen de tout foutre par terre et de tirer la tronche toute la soirée… - Je n’ai pas… - Non, mais vous vous êtes pas vue !… Ah, c’est sûr, on avait pas envie de vous approcher… Bon, mais ça va, j’ai compris… J’aurais dû m’en douter… Depuis le début… Je suis bien trop conne aussi… Alors, tu sais pas, tu te débrouilles maintenant… Toute seule… Comme une grande… Tu fais ce que tu veux… J’en ai rien à foutre… Continue… Continue à mener ta petite vie de merde dans ton magasin minable… A passer tes dimanches devant la télé… A rêver du Prince Charmant sur son beau cheval blanc… C’est ça, chiale !… Vas-y, chiale !… Ils adorent ça les clients…

 

 

 

 

 

- T’es toujours fâchée ?… Elle baissait le rideau… - Je suis pas fâchée, non… J’ai juste dit ce que j’avais à dire, c’est tout… - J’ai que toi, moi !… Me laisse pas… S’il te plaît, me laisse pas… Elle a vidé la caisse, soigneusement classé les billets par catégories, épinglé les chèques… - Que tu aies besoin de moi, ça !… Ca se discute même pas… Pour tout… Absolument tout… Parce que - il faut bien dire les choses comme elles sont - tu n’as aucune personnalité… Ou plutôt non… C’est pas ça… T’as une personnalité qui a toujours besoin d’avoir quelqu’un au-dessus… Quelqu’un qui sache ce qu’il veut… Qui décide… Qui dirige… Quelqu’un comme moi… Non, mais comment j’ai pris le pas sur toi finalement!… Et dès le début… C’est de la folie… Tout ce que je veux je peux faire de toi si je veux… C’est pas vrai peut-être ?… - Si !…  - J’aime bien… C’est un peu comme si je jouais à la poupée, mais une poupée vivante ce coup-ci… Et avec quelqu’un de ton âge en plus !… Elle a éteint les lumières une à une…           - Bon… Mais alors tu sais pas ce qu’on va faire ?… On va sortir samedi, mais cette fois… cette fois…

 

 

 

 

 

- On va te faire belle… Encore plus belle que l’autre jour… Et elle a fait essayer une multitude  de robes, tout un tas de sous-vêtements… Elle a choisi… habillé… coiffé… maquillé… Là-bas on a retrouvé Stéphane… Elle lui a chuchoté quelque chose à l’oreille et il est venu s’asseoir à côté de moi… Il a posé, d’autorité, sa main sur mon genou… Je ne me suis pas dérobée…

 

 

 

 

 

- Eh ben dis donc !… Ce pied que t’as pris !… De deux étages en dessous on t’entendait…  Mais ça j’en étais sûre… J’étais sûre que le jour où tu y mettrais le nez… Et ça fait que commencer… Parce que Stéphane bon c’est Stéphane… Mais tu as vu comment ils te tournaient tous autour ?… Tu rayonnais… Tu resplendissais… N’importe lequel tu peux avoir si t’as envie… Il te suffit de claquer des doigts… Et ça, c’est pas génial, ça ?…

 

 

 

 

 

Et elle a épilé en bas… - Tout !… On enlève tout… Ils préfèrent, les mecs… Passé de la crème adoucissante à petits mouvements circulaires et doux… - Là !… Là !… Tu es toute neuve… Bon… Et maintenant tu me laisses… Tu vas m’attendre à côté… Que je puisse me doucher…

 

Par François
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Jeudi 30 novembre 2006 4 30 11 2006 07:23

La suite du texte mis en ligne le 13 Septembre dernier...

Bonne lecture à tous...

S E R V I C E     M I N I M U M  ( 2 )

 

 

 

 

 

Un soir elle est rentrée survoltée… - Tu sais pas quoi ?… J’ai fait la connaissance d’une femme extraordinaire… vraiment extraordinaire… - Encore !… Décidément… - Je te la ferai rencontrer… Je lui ai promis… On est exactement dans la même situation toutes les deux… Mariées avec des types qui assurent pas du tout sexuellement… Lui, c’est carrément impuissant qu’il est… Alors elle fait comme moi : elle s’éclate ailleurs… Et il est bien obligé d’accepter… Vous êtes bien obligés d’accepter… Tout ce qu’on veut… Vous avez pas le choix… Parce que c’est déjà bien beau qu’on vous garde quand même, non, tu crois pas ?…

 

 

 

Le surlendemain, en rentrant, je les ai trouvées toutes les deux installées sur le canapé du salon… - Je te présente Fabienne… Qui m’a détaillé de la tête aux pieds… - Alors c’est ça ?… C’est le cocu ?… Il baisse les yeux… C’est bon signe… Oh, il a des dispositions, c’est évident !… Tu serais vraiment idiote de pas en profiter… Il y a combien de temps que t’as pas baisé, toi ?… Eh bien réponds !… - Huit mois… - Ca commence à faire, hein !… Et à moins d’un miracle… Bon, mais dis-moi : elle est vraiment si petite que ça ?… Fais voir… Mais c’est qu’il joue les vierges effarouchées en plus !… Allez, fais voir, j’te dis !… Elle a éclaté de rire… C’est pas possible !… Non, mais à ce point-là c’est pas possible !… Elle s’en est emparée, a fait reposer dans le creux de sa main… Il y a rien, mais il y a rien !… Et encore il bande !… Qu’est-ce que ça serait !… Bon, allez, tu nous laisses maintenant… On a à parler toutes les deux…

 

 

 

- Hou la la !… Ce pied que j’ai pris !… Il assure vraiment trop Stephen… Des trois  c’est vraiment celui qui… Attends… Je vais te raconter… Ca te passera un moment… Et puis non… Encore mieux… Tu sais pas ce qu’on va faire?… Mets-toi à l’ordi… Tu vas noter… Tu seras mon secrétaire… le secrétaire perpétuel de mes histoires de cul… Ca te fera participer un peu… Non, parce que, c’est vrai, ça  doit pas être drôle pour toi de te sentir sans arrêt exclu… Bon, allez, tu es prêt ?… Je commence…

 

 

 

- Tu viens ?!… Je t’emmène au restaurant… Moi, je voulais pas, c’est Fabienne qui a insisté… «  Mais si, amène-le !… Pourquoi tu veux pas ?… C’est à cause de Stephen ?… Au contraire… Au contraire… Ce sera encore plus rigolo… » Donc il y aura Stephen… Et Martial, l’amant de Fabienne… Et aussi son cocu… Vous vous entendrez bien, tu verras… C’est fou ce que vous vous ressemblez tous les deux… Elle arrête pas de me le répéter Fabienne… Et tu verrais tout ce qu’elle arrive à lui faire faire… « Mais toi aussi tu peux !… Bien sûr que tu peux ! »

 

 

 

- T’as vu ça comment on s’en est donné avec Stephen !… Quatre fois… Et encore !… Si j’avais voulu… Ca le motivait en plus que tu sois là… Non, c’est génial cette idée qu’elle a eue, Fabienne, que tu assistes à tout… J’aurai plus besoin de te raconter après comme ça… C’est toi qui le feras… Tout seul… Comme un grand… Tu tiendras mon journal… Mon journal d’avec Romain… D’avec les autres aussi… Et tâche de t’appliquer, hein !…

 

 

 

Elles se sont regardées, elles ont fait la moue, elles ont hoché la tête… - C’est complètement nul, oui !… - Quatre pages pour strictement rien dire… - Un ramassis de banalités… - On croirait jamais qu’il était là !… - Il l’a fait exprès, c’est évident !… Ca sent la mauvaise volonté à plein nez… Moi, je peux te dire que Sébastien il m’aurait rendu une copie comme ça il se serait pris une de ces fessées !… Tu fais comme tu veux, mais moi, à ta place, je laisserais sûrement pas passer un truc pareil…

 

 

 

- Oh, te rhabille pas !… Pour aller à l’ordi c’est pas la peine… Parce que tu vas t’y remettre… Tout de suite… Et tu n’en bougeras pas tant que t’auras pas fini… Tant que je serai pas satisfaite de ton travail… Allez !…

 

 

 

- Bon, eh bien voilà !… Tu vois quand tu veux… - Comme quoi une bonne fessée, c’est encore ce qu’il y a de plus efficace… Je te l’avais dit… Il y a que ça qu’ils comprennent… Il y a que comme ça qu’on les tient… Et même… Tu devrais lui en redonner une autre… Maintenant… Pour que ça rentre bien… Pour qu’il sache qu’il peut pas se permettre de se moquer impunément de toi comme ça…

 

 

 

- Les pauvres !… Ca doit pas être facile pour eux quand même !… Si, c’est vrai !… A nous regarder nous envoyer en l’air comme des folles, sans arrêt, avec nos amants sans avoir jamais droit à rien… - Ils en crèvent d’envie en plus… - Ils ont qu’à s’amuser entre eux… On les empêche pas… - Ca peut être rigolo comme tout en plus !… Un impuissant avec un bonzaï… Mais oui, ils vont nous montrer ça… - Je suis sûre qu’ils ont jamais sucé une queue… Ni l’un ni l’autre… Ce sera une première… Allez, allez, on vous regarde…   

 

 

 

- Comment ça s’est arrangé, toi et moi finalement!… C’est spectaculaire, non, tu trouves pas ?… Si, je trouvais, si !… - Il était temps… Parce que je ne te cacherai pas que je pensais sérieusement à te quitter… On n’avait plus rien à faire ensemble… Rien… Elle a soupiré… - Si seulement tu avais voulu y mettre du tien un peu plus tôt aussi… Ca m’aurait évité d’avoir à employer les grands moyens… Non, quand je pense à cette attitude inqualifiable que tu as eue chez la sophrologue… Alors que nous on faisait tout - tout ce qui était en notre pouvoir - pour te venir en aide… C’est là que j’aurais dû commencer à réagir… A te corriger… Et ça aurait été amplement mérité, non, tu crois pas ?… Eh bien réponds !… - Si !… - Ah, tu vois !… Mais il n’est pas trop tard… Il n’est jamais trop tard… Tu seras aussi puni pour ça… Au martinet, vu la gravité de la faute… Et devant elles… Je leur en ai parlé… Elles nous attendent…

 

 

 

- Déshabille-toi !… Complètement… Là… A genoux… Demande pardon !… - Pardon !… - Plus fort… On n’a rien entendu… Et regarde-nous !… - Pardon !… - C’est mieux… Allez, encore une fois !… - Pardon !… - Là… Tourne-toi maintenant !… Les mains sur la tête… Elle a cinglé la première… Une dizaine de coups… Et puis la sophrologue… Et puis Marie-Claude… Interminablement… - Viens t’allonger là… Sur le même canapé… La sophrologue s’est assise à mon chevet… - Fermez les yeux !… Détendez-vous !… Ne pensez à rien !… Vous entrez dans un long tunnel… Tout au bout, là-bas, il y a une lumière, une extraordinaire clarté… Vous la voyez ?… Vous êtes irrésistiblement attiré par elle… Vous accélérez le pas… Vous approchez… C’est tout près… C’est là… Vous y êtes… Le temps que vos yeux s’habituent… Là… Qu’est-ce que vous voyez ?… Hein ?… Qu’est-ce que vous voyez ?…

 

 

 

- J’en étais sûre… Sûre que tu avais été quelqu’un d’absolument odieux dans une vie antérieure… Je le sentais… Mon instinct ne me trompe jamais… Ah, tu leur en as fait voir aux femmes… Et pas qu’un peu !… T’as vu ce qu’elle t’a dit… Que tu ne pouvais éprouver de plaisir qu’en les rabaissant, en les humiliant… Tu étais devenu un orfèvre en la matière… Tu faisais preuve d’une imagination redoutable… Eh bien chacun son tour, mon cher… Et tu vas en baver… Je peux te dire que tu vas en baver…

Par François
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Mardi 12 décembre 2006 2 12 12 2006 21:25

E N     V O I T U R E

 

 

- Si, tu fais la gueule, si !… Tu fais la gueule parce que je suis sortie en boîte sans toi… Alors écoute-moi bien !… Que les choses soient claires… On est ensemble, oui… On vit ensemble, oui… Mais je ne t’appartiens pas… Je n’appartiendrai jamais à personne… Je suis à moi… Et si ça te convient pas on en reste là et chacun sa route…

 

 

Ca me convenait pas, non… Mais… Mais c’était toute ma vie Bérénice… J’avais passé trois longues années dans le secret et douloureux espoir qu’un jour peut-être… Et c’était arrivé… Et j’étais comblé… Et j’étais prêt à tout pour la garder… Absolument tout…

 

 

Elle sortait… Tous les vendredis… Tous les samedis… Elle rentrait au petit jour ou en fin de matinée, parfois l’après-midi… Elle ne racontait jamais rien… Les questions qui me brûlaient les lèvres – elle était allée où ?… elle avait rencontré qui ?… elle avait fait quoi ? – je finissais par les hasarder après les avoir contenues aussi longtemps que possible… Elle se contentait de leur opposer un infranchissable silence…

 

 

Un soir, tandis qu’elle finissait de se préparer, j’ai osé suggérer… - Si je venais avec toi ?… Et contre toute attente… - Oh, si tu veux… Ca m’est égal… Mais alors tu me fous la paix… Tu m’ignores… Je te connais pas…

 

 

Elle a rejoint, sur les banquettes, un groupe d’une dizaine de garçons et de filles avec lesquels elle a parlé, elle a bu, elle a ri et puis elle a dansé… Seule d’abord sur des rythmes effrénés… Dans les bras d’un type ensuite contre lequel elle se pressait voluptueusement, la tête enfouie dans son cou… Ils se sont passionnément embrassés… Il l’a emportée en la tenant par la main… Ils ont disparu…

 

 

- Tu viens ?… Elle n’a pas attendu la réponse… Elle a filé à grandes enjambées vers la voiture dont elle a violemment claqué la portière… Musique à fond, elle n’a pas desserré les dents jusqu’à la maison… Dans la salle de bains, sous la douche, elle a explosé… - Quelle bande de petits cons !… A part emmerder le monde !… - Qu’est-ce qui s’est passé ?… - Il s’est passé qu’il y en a quatre ou cinq qu’ont pas arrêté de nous faire chier… A taper sur le capot… A faire les singes derrière les vitres… A pousser des grands cris… Si tu peux même plus baiser tranquillement dans ta voiture maintenant !… Elle s’est enroulée dans la grande serviette de bains jaune… - Et en plus je suis restée sur ma faim, moi, du coup !… J’ai horreur de ça…

 

 

Elle était restée sur sa faim ?… Qu’à cela ne tienne… Dans le lit je me suis lentement approché, j’ai posé une main sur sa cuisse, je suis descendu, descendu… - Fiche-moi la paix !… Tu crois que c’est le jour ?… Et elle s’est tournée de l’autre côté…

 

 

Le vendredi suivant c’est elle qui a voulu que je l’accompagne… - Ben alors, qu’est-ce tu fais ?… T’es pas encore prêt ?… J’ai pris le volant et elle est allée retrouver ses amis sans plus se préoccuper de moi… Comme la semaine précédente elle a langoureusement dansé dans les bras d’un type – un autre – avec lequel elle a fini par s’éclipser… pour presque aussitôt réapparaître… - Amène-toi !… Jusqu’à la voiture… - Prends le volant !… Prends le volant et roule !… N’importe où… On s’en fout…

 

 

Au hasard… Puis en ville… Sous les lumières de la ville… Dans le rétroviseur intérieur, discrètement recentré sur eux, à l’arrière, ils étaient enlacés… Ils s’embrassaient… Il a passé la main sous la robe, il a sorti les seins… Il la lui a relevée haut, il a enfoui sa tête… Jambes largement ouvertes elle a gémi, ondulé… Quand il est venu en elle elle a joui très vite une première fois avec emportement, puis une autre, plus tard, pendant un temps incroyablement long… Elle a remis de l’ordre dans ses vêtements, on a ramené le type à sa voiture et on est rentrés…

 

 

- C’est ça la solution… Evidemment que c’est ça !… Qu’on roule… Personne peut plus nous emmerder… On fera comme ça à chaque fois maintenant… Tu viendras avec moi et si je suis sur un coup tu nous emmèneras… Tiens, frotte-moi le dos en attendant… J’y arrive pas toute seule…

 

 

Dans le lit elle s’est blottie contre moi… - C’est bien que t’aies arrêté d’être jaloux… Si, c’est vrai… Il y a rien de tel pour foutre un couple en l’air… Non, t’es pas de mon avis ?… - Si !… Et on a fait l’amour…

Par François
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Jeudi 8 février 2007 4 08 02 2007 07:33

S O M N I F E R E

 

 

 

J’étais un incorrigible dragueur… Tout m’était bon pourvu que ce soit fendu entre les cuisses… Et je n’en étais pas peu fier… Je tenais un compte scrupuleux  de mes conquêtes… J’avais ma feuille de route : trois filles minimum par semaine… Au dessous j’étais déshonoré… Au-dessus un petit bonus c’était toujours bon à prendre… Inutile de dire qu’à la fac j’étais grillé : il me fallait aller exercer mes talents ailleurs… Sauf… sauf en tout début d’année quand le troupeau désorienté des nouvelles envahissait les couloirs… Un véritable réservoir dans lequel je m’empressais de puiser encore et encore avant que ma réputation n’ait fini par me rattraper…

 

 

Elle était seule à la cafeteria… Elle paraissait attendre quelque chose ou quelqu’un… Une fille d’une beauté!…  Inouie… Invraisemblable… La perfection incarnée… Il me la fallait… Toi, ma petite, je t’aurai… Et ça va pas mettre trois jours… Je me suis approché… Sur la tablette, devant elle, à côté de son Orangina, une édition en anglais de Shakespeare… - Excuse-moi… Tu ferais pas Anglais par hasard ?… Elle a levé sur moi, sans répondre, un regard d’un vert envoûtant… - Non, parce que voilà… je fais un mémoire, en socio, consacré aux étudiants… Il me faut des témoignages… Et j’ai encore personne en Anglais… Alors si t’avais été assez sympa pour répondre à quelques questions… - C’est tout ce que t’as trouvé ?… Tu t’es pas bien forcé… - Hein ?!… Quoi ?!… Mais pas du tout !… Qu’est-ce que tu vas imaginer !… - Bon, ben vas-y alors, je t’écoute… - C’est que… j’ai pas mon dossier avec moi… - Evidemment !… Elle a éclaté de rire et elle m’a planté là…

 

 

J’ai passé la nuit à élaborer un questionnaire qui tienne la route… Qui ait l’air de… Tu vas y avoir droit… Ca… Je peux te dire que tu vas y avoir droit… Et je suis parti à sa recherche, le lendemain matin, d’amphi en amphi, de salle de TP en salle de TP… - Tu peux m’accorder quelques instants ?… Elle pouvait… Elle l’a fait… En réponses brèves, claires, précises sans me quitter un seul instant des yeux… - C’est tout ?… C’est fini ?… - Oui… Oui… Je t’offre un verre ?… - Non… Merci… Au revoir…

 

 

Quelle petite garce !… Quelle petite merdeuse !… Non, mais pour qui elle se prenait ?… Oh, mais elle allait voir… Elle allait y passer à la casserole… Une ramonée comme jamais… Elle y couperait pas… J’ai stratégiquement laissé passer quelques jours et puis je l’ai abordée, un matin, sur le campus… - Tu peux pas me rendre un service ?… J’ai jamais été très doué en Anglais… Et il y a un texte qui me pose problème… J’en ai vraiment besoin en plus !… - Donne !… Elle s’est assise au soleil sur les marches… - C’est où que tu comprends pas ?… Il y avait les deux lignes, là, au milieu, et puis quatre vers la fin… Qu’elle a traduites très vite d’une grosse écriture penchée… - Et voilà !… C’était vraiment pas compliqué… J’ai empoché la feuille… - Merci… C’est très sympa… Parce que, en général, c’est plutôt chacun pour soi ici… On vient aux cours et on s’en va… Le plus vite possible… On cherche pas le contact… A discuter…  A échanger… Rien du tout… - Ah oui ?!… Ca vient peut-être de toi, ça… Parce que moi, j’ai pas ce problème… Pas du tout… Et elle partie rejoindre un groupe de filles de l’autre côté…

 

 

Ca n’allait pas être facile… Non, ça n’allait pas être facile… Mais tant mieux !… Finalement ce n’était pas pour me déplaire… Pour une fois que je rencontrais une vraie résistance… Pour une fois que j’allais devoir me battre pour arriver à mes fins… Le succès final – dont je ne doutais pas – n’en serait que plus délectable… Et je passais des heures et des heures à me représenter, avec gourmandise, le moment où elle serait nue dans mes bras, le moment où, vaincue, elle serait enfin à moi…

 

 

Les autres ne comptaient plus, ne m’intéressaient plus… J’avais remisé mon carnet de conquêtes au fond d’un tiroir… Je l’avais remplacé par un gros cahier rouge qui lui était exclusivement consacré… J’avais amoureusement calligraphié son prénom - Iliona -  sur la couverture… J’y avais recopié son emploi du temps… Répertorié les différents itinéraires qu’elle empruntait… J’y notais, en vrac, tout ce que je parvenais à glaner, de ci de là, à son sujet… Et j’y tenais, au quotidien, le journal des opérations… Qui n’avançaient guère… Tout au plus parvenais-je à lui soutirer quelques mots, de pure convention, quand je la croisais… Elle paraissait n’avoir rien de plus pressé que de m’échapper… J’avais beau déployer des trésors d’ingéniosité, m’efforcer de briller de tous mes feux, rien n’y faisait… Le poisson ne mordait pas à l’hameçon…

 

 

Il ne me restait plus qu’à jouer mon va-tout… Qu’à abattre la carte maîtresse que je n’utilisais qu’en tout dernier recours quand tout le reste avait échoué… Je l’ai attendue, un matin, en bas de chez elle, et je lui ai servi une déclaration passionnée en règle… Je l’aimais… Depuis le premier jour… Depuis le tout premier instant où je l’avais aperçue… Je ne pensais qu’à elle… Tout le temps… Elle hantait mes rêves… Elle… Elle ne m’a pas laissé poursuivre… - Oui, tu veux me tirer, quoi !… Hein ?!… Mais non, pas du tout, c’était pas ça !… Absolument pas… - Tu parles !… Dès le premier jour, moi aussi, je l’ai su…

 

 

Ah, elle voulait jouer à ça !… Eh bien on allait jouer… Ah, elle doutait de ma bonne foi… Eh bien elle allait voir… On allait voir… Et je lui ai écrit… Tous les jours… De longues lettres enflammées dans lesquelles je la suppliais de me laisser l’aimer… Même sans espoir… Même de loin… Je ne demandais rien… Je ne voulais rien… Seulement la voir… Seulement l’entendre rire… Seulement m’enivrer de son parfum au détour d’un couloir… Et là ?… Ils n’étaient pas sincères mes sentiments peut-être?…

 

 

Son attitude à mon égard se modifiait peu à peu, insensiblement, au fil des jours… Quand on se rencontrait – et je faisais en sorte que ce soit souvent, le plus souvent possible – elle s’attardait quelques instants pour discuter avec moi, me gratifiait d’un sourire… C’était bon signe… A l’évidence ma persévérance – c’est du moins ce dont j’étais convaincu – commençait à porter ses fruits… Mais pas question, pour l’instant, de chercher à pousser mes avantages plus loin… Il fallait attendre encore, attendre que le fruit soit mûr, attendre qu’elle se soit convaincue de ma sincérité… Et continuer à lui écrire…

 

 

- Tu m’offres un verre ?… Si je lui offrais un verre ?… Et comment !… Depuis le temps que j’attendais ça !… On s’est assis face à face dans le café le plus proche … - Tu sais combien ça fait ?… - Combien ça fait de quoi ?… - De lettres que tu m’as envoyées… - Pas vraiment, non… - Cent… Tout juste cent… Depuis hier… Tu tiens la distance, il y a pas à dire… - Quand on aime… - Ben voyons !… Encore que… c’est pas complètement faux… Ca l’était… Ca l’est de moins en moins… Ca ne l’est plus… Tes toutes dernières lettres, elles, sont vraiment vraies… Quand on joue avec le feu on finit par se brûler…

 

 

Et… Et oui… Je devais bien me rendre à l’évidence, une évidence que j’avais commencé à soupçonner, mais que j’avais chassée d’un haussement d’épaules… Amoureux, moi, allons donc !… Mais… si !… Et pas qu’un peu !… J’avais fini par me prendre à mon propre piège et à éprouver profondément, intensément, les sentiments que j’avais jusque là simulés…

 

 

 

 

- Bon… Et maintenant ?… - Quoi maintenant ?… Ben, ça changeait complètement la donne, non ?… Oh, pour moi peut-être… Pour elle pas du tout… Enfin, si !… Un peu quand même… - Parce que faut être honnête… C’est toujours agréable de savoir qu’un type il est fou de toi… Qu’il en peut plus… Alors on peut se voir si tu veux… De temps en temps… Aller au ciné ensemble… Se faire une bouffe… Si j’en suis… Quand j’en serai… Mais rêve pas, hein !… Il y aura jamais rien entre nous… D’aucune sorte… Jamais…

 

 

Elle restait quinze jours, parfois plus, sans me faire l’aumône du moindre moment à nous… Et puis… - Tu m’emmènes quelque part ?… - Où ?… - Où tu veux… Choisis… Mais tâche que ça me plaise parce que sinon… Ca ne lui plaisait pas… Rarement… Jamais… Mais j’avais quelques heures de bonheur… Je la voyais… Je l’entendais… Je lui parlais… J’étais douloureusement heureux…

 

 

Elle a appelé un soir vers minuit… - J’arrive pas à dormir… Parle-moi !… Raconte-moi quelque chose… N’importe quoi… Même si je te réponds pas… Je te répondrai pas d’ailleurs… J’ai raconté… J’ai inventé… Je me suis efforcé d’être drôle, subtil, émouvant, captivant… jusqu’à ce que le sommeil me terrasse…

 

 

- A quelle heure ?… Six heures ?… Ah oui ?!… Je sais pas… Je me suis endormie presque tout de suite… Elle me berce ta voix… On fera comme ça maintenant… Tous les soirs… Tu me parleras toute la nuit… Tu seras mon somnifère…

 

 

 

Par François
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