Plaisirs solitaires

Lundi 27 novembre 1 27 /11 /Nov 21:29

Amusez-vous bien, les filles!... LOL...

J O U E T S

 

 

- Roxane?... C’est Amélie... Ca va ?… Oui, moi aussi… Dis-moi… J’organise une réunion genre Tupperware là… Chez moi, oui… Des toys… Si ça t’intéresse… Oh, le dernier cri… Et alors à des prix !… Tu vas complètement halluciner… Jeudi en huit ce sera… Le 14, oui, c’est ça… Je compte sur toi alors ?… D’accord… Oui… Oui… Moi aussi… Je t’embrasse…

 

 

 

Cette Amélie !… Toujours aussi snob… Des toys !… Elle pouvait pas dire des jouets comme tout le monde ?!… Mais ça pouvait quand même donner des idées… Parce que les gamins à force pour savoir quoi leur acheter… Ils avaient tout maintenant… Tout… Entre les grands-parents, les oncles et les tantes…

 

 

 

   Il y avait Camille… Et quatre femmes qu’elle ne connaissait pas, qu’Amélie lui a rapidement présentées… - Bon, ben on n’attend plus que Valérie… Elle devrait pas tarder… - Et Nina… - Oui, oh, Nina, ça m’étonnerait qu’elle vienne… Elle se donne de grands airs libérés, mais je suis sûre qu’en réalité elle est pas joueuse… - Elle sait pas ce qu’elle perd… Elles ont ri… - Moi, je critique pas parce que longtemps j’ai été comme ça… J’arrêtais pas d’en parler, de laisser croire, mais je le faisais jamais… - On est compliquées des fois, hein !?… - Oui, ben moi j’ai pas eu ce problème… J’en parlais pas, mais aussi loin que je remonte en arrière, je l’ai toujours fait… Avec tout et n’importe quoi… Sans arrêt j’étais à l’affût… Qu’est-ce qui pourrait bien me servir ?… Non, mais où elle était tombée là ?… Où ?… - Et toi, Roxane ?… Heureusement Valérie est arrivée…

 

 

 

- Bon, ben alors je commence… Par tout ce qu’il y a de plus classique… Elle les sortait, une par une, et elles se les passaient au fur et à mesure… Il y en avait de toutes les tailles, de toutes les formes, de toutes les couleurs… Elles les tâtaient, elles les parcouraient, elles les enrobaient, elles les enserraient… C’était à la fois dur et doux et beaucoup moins froid qu’elle ne l’aurait cru… - Oh génial celle-là !… Il y a les balloches !… Qui roulaient sous les doigts exactement comme des vraies… - Comment ça doit bien te claquer contre le cul !… Il y en avait qui vibraient, qui tournaient, qui faisaient de la lumière… Et une qui giclait quand on appuyait dessous… - Et celle-là c’est vraiment pour les gourmandes… Une gigantesque, démesurée, colossale… Qui leur a arraché de grands éclats de rire…

 

 

 

- Mais il y a pas que le sexe dans la vie… Il y aussi le cul… Et pour les petits trous de derrière regardez-moi si c’est pas génial tout ça !… Une mallette entière… - Je vous conseille les plugs… Vous serez pas déçues, vous verrez… - J’en prendrais bien une pour mon mari… La longue là… Ca va être son anniversaire… - Oui, eh bien moi, j’imagine la tête du mien si je lui ramenais un truc pareil… Il me foutrait dehors, oui… Ou il appellerait le SAMU… - Ils sont trop les mecs !… Pour leur faire sauter le pucelage de ce côté-là… - Le mien j’ai mis dix ans à y arriver, mais maintenant qu’il y a goûté… un vrai fanatique…

 

 

 

Il y en avait encore et encore… Des sacs pleins… Des trucs qu’elle aurait même pas eu l’idée que ça pouvait exister… - Regardez-moi ce petit bijou… - Ce sont des boules de geisha ?… - Non… Ca y ressemble, mais c’est beaucoup mieux… Spécialement étudié en laboratoire pour provoquer le maximum de sensations… Que vous soyez en mouvement ou immobiles… Des vibrations de nature et d’intensité différentes – une dizaine – qui se combinent, se chevauchent, s’entrecroisent… C’est magique… Vous m’en direz des nouvelles… - Faut absolument que j’essaie ça !… Vous inquiétez pas : de toute façon je le prends… Elles sont où tes toilettes, Amélie ?…

 

 

 

Elle est revenue… Elle s’est rassise… - Alors ?!… - Alors… ben alors… Hou la la, les filles !… Hou la la !… - Ca a l’air efficace en tout cas !… - C’est rien de le dire… Ca ressemble à rien de ce qu’on connaît… C’est fabuleux… Hou la la !… Je vais jouir… Je vais jouir… - Et c’est rapide en plus… Elle a renversé la tête en arrière sur le canapé et elle est partie, les yeux fermés, les narines palpitantes, les mains crispées sur un coussin qu’elle a pétri de toutes ses forces… - Hou la la… C’est de la folie… De la folie… Et ça repart en plus… Ca repart tout de suite…

 

 

 

Elles en ont toutes voulu un… Et Camille deux… - Des fois que ça tombe en panne… - Et toi, Roxane ?… Elle aussi… Oui, elle aussi… - Tu veux autre chose ?… Peut-être, oui… Le truc là-bas… - Celui avec les couilles qui ballottent ?… Celui-là, oui… Elle a payé, elle a dit au revoir à tout le monde et, en bas, elle a tout jeté dans la première poubelle venue…

 

 

 

Elle s’est tournée dans son lit, retournée… Trois heures durant… Elle s’est relevée, rhabillée… Dans la poubelle le sac était toujours là, sur le dessus… Elle l’a repris…   

Par François - Publié dans : Plaisirs solitaires
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Jeudi 16 novembre 4 16 /11 /Nov 20:09

C O H A B I T A T I O N

 

 

 

 

Bernard était un peu gêné… C’est vrai… Avec le temps les liens entre nous s’étaient considérablement distendus… Depuis quand on s’était pas vus ?… Depuis… Hou la la… A qui la faute ?… A personne… C’était comme ça… C’était la vie… C’est tout… N’empêche… n’empêche… quels bons moments on avait passés ensemble… Hein ?… Et alors qu’est-ce que je devenais ?… J’étais toujours dans les bouquins?… Lui ?… Oh… le train-train… Les enfants avaient grandi… Tu les reconnaîtrais pas, tu sais… Clélia rentre en fac en octobre… Eh oui !… La roue tourne… Et justement… justement… je voulais te demander… Tu vois, avec toi je me gêne pas…s’il te serait pas possible… mais tu me dis franchement, hein ?!… s’il te serait pas possible de l’héberger ?… Tu as un appartement immense… A deux minutes de la fac en plus… Et puis lui prendre un logement à Paris pour nous en ce moment !… Je ne te cacherai pas que les affaires vont mal… c’est même carrément la catastrophe… mais on te dédommagera, hein !… Tu nous diras… On te dédommagera…

 

 

 

J’avais conservé le souvenir d’une adolescente disgracieuse, renfrognée, encombrée d’elle-même et je me retrouvai, par un beau matin de septembre, devant une ravissante jeune fille… - Ben alors !… Tu me reconnais pas ?… resplendissante toute en sourire qui se préoccupa d’abord et avant tout, dès qu’elle se fut installée… - C’est vachement sympa, dis donc, chez toi quand même !… de savoir si elle pourrait recevoir des mecs… - T’es majeure, non ?… Tu fais ce que tu veux…

 

 

 

Il en venait tous les soirs… Qui s’éclipsaient sans bruit au petit matin… Devant son bol de café au lait elle racontait… Cyrille… Si gentil… Si attendrissant… Son sourire… C’était impossible de pas craquer… Comment tu veux ?… Même si au lit ça pouvait pas être pire… Alors là !… Enfin, si !… Julien… Parce que plus nul que Julien !… De toute façon les mecs pour ça !… Tous… Presque tous… A part Fabien… Fabien c’était pas trop mal, non… mais enfin c’était… comment dire ?… trop travaillé… tu vois ?… Parce que c’est chiant finalement… Ca te coupe tout…

 

 

 

Et puis il y a eu Laurent… Que Laurent… Toutes les nuits… - Il me rend dingue ce type… Dingue !… C’est de la folie !… Des heures… Des heures entières elle haletait, gémissait, hurlait son plaisir à longues plaintes sanglotées… - Mais tu me réveilles demain, hein !?… Oublie pas !… Tu me secoues… Trois fois… Dix fois… - Hou la la… J’ai une de ces gueules… Rassasiée, satisfaite, les yeux rongés de lourdes cernes noires… - Il m’épuise, ce mec… Il m’épuise complètement…

 

 

 

Des larmes… Des coups de téléphone interminables… Des cris… Des sanglots… - Tu es où ?… Ah, tu es là… Il viendra plus Laurent… C’est fini… Fini… Tu comprends ?… Ouais, tu t’en fous !… Tout le monde s’en fout… Elle n’allait plus au cours, ne quittait pas sa chambre… - Fiche-moi la paix !… Je veux voir personne… Et puis un soir : - Non, mais attends !… Je vais quand même pas me gâcher la vie pour un con pareil !… Manquerait plus que ça !… Et il y en a eu d’autres… Beaucoup d’autres… 

 

 

 

Bernard est venu la chercher pour les vacances de Toussaint… - Mais tu dis rien surtout pour les mecs, hein !… J’en ramène jamais… - Alors ?… Ca va ?… Elle te pose pas trop de problèmes ?… Parce que je la connais… Autant elle peut être charmante quand elle veut autant c’est une véritable peste quand elle s’y met… - Ah merci… merci… C’est sympa… - En tout cas tu nous as tiré une sacrée épine du pied… Sans toi… Remarque, d’un autre côté, pour toi non plus c’est pas si mal finalement… Parce que tu finissais par tourner au vieux garçon… Si, si !… Je t’assure… Ca te fait de la vie, de la jeunesse, du mouvement, non ?…

 

 

 

- Coucou !… Ben oui, c’est moi !… Tu m’attendais pas, hein !… Je suis revenue… Je m’emmerdais trop là-bas… Et puis ça a repris avec Laurent… On va se revoir… Alors tu parles comme j’étais pressée de rentrer!… A côté, dans sa chambre, elle a tourné, claqué, poussé, remué… - Il y a quelqu’un qui est venu ?… - Non… Pourquoi ?… - Parce qu’on a été dans mon lit… Et on a fouillé dans mon tiroir à culottes… Si !… Les photos de moi aussi on y a touché… Oh, mais tire pas cette tronche-là !…Tu crois que je le sais pas que tu te branles en pensant à moi ?… Faut pas me prendre pour une idiote, attends !… T’es tout seul… Tu vois jamais de nana… J’arrête pas de baiser comme une folle à côté en plus !… Juste à la tête de ton lit… Alors forcément !… Mais il y a pas de honte, hein !… Moi, j’m’en fous !… Si ça peut te faire du bien… Et même… Tu veux que je te dise ?… Ca me déplaît pas… Parce que faut pas se raconter d’histoires… Une nana elle aime toujours ça faire de l’effet à un type… Même si ça lui viendrait pas à l’idée de coucher avec… Parce que ça faut pas que tu rêves… Ca arrivera jamais… De ce côté-là j’ai tout ce qu’il me faut, merci…

 

 

 

- Hou la la, dis donc, quelle nuit !… Il a assuré Laurent… T’as pas dû t’ennuyer, toi, à côté… J’y pensais par moments… Je me demandais : Qu’est-ce qu’il fait ?… Il en est où ?… Il a déjà joui ?… C’est quand que t’as joui ?… En même temps que moi ?… Avant ?… Ah oui, t’as pas pu te retenir… Et t’as pas recommencé ?… Si !?… Mais t’es pas allé jusqu’au bout… Oui… Evidemment… A ton âge !… Qu’est-ce que ça doit être frustrant quand même, non ?… Non ?… Eh ben réponds !… T’es quand même trop, toi, dans ton genre… Faut tout t’arracher les réponses… Assume au moins !… Tu te branles sur moi alors j’ai quand même bien le droit de savoir… T’es drôlement coincé finalement , hein ?!… Et si c’est pas moi qui prends les choses en mains…

 

Elle est entrée sans bruit… - Tu dors ?… Non, évidemment tu dors pas… T’attends que ça commence à côté… Elle a allumé… - Je passe juste te faire un petit bonsoir… En petite culotte et soutien-gorge blancs qui l’épousaient au plus près, laissaient deviner beaucoup… Entrapercevoir presque tout… - Histoire de te mettre en appétit… Pour que t’en profites à fond tout à l’heure… C’est sympa, non ?… Bon, mais alors en échange tu sais pas ce que tu vas faire ?… Tu vas m’attendre pour te faire couler… Tu vas attendre qu’on ait fini à côté… Je reviendrai… Je ferai semblant d’aller à la salle de bains et je reviendrai… Et tu le feras devant moi… C’est moi qui t’excite… Normal que j’assiste, non ?…

 

 

 

Pendant plus de deux heures elle a miaulé, arpégé, rugi son plaisir… Et puis le silence… Des mots ronronnés tendres… Des baisers claqués… Et elle est venue… Elle a rallumé, un doigt sur ses lèvres… - Vas-y !… Elle s’est penchée… Tout près… Trois ou quatre va-et-vient et ça a jailli… Elle a regardé jusqu’au bout… Elle s’est redressée… Elle a ri tout bas… - Ca a pas perdu de temps, dis donc !… Et qu’est-ce qu’il y en a !… J’aurais jamais pensé qu’il y en aurait tant… Et elle est repartie, les fesses moulées dans sa petite culotte blanche…

 

 

 

- J’adore ça !… Je sais pas pourquoi, mais j’adore ça… Elle virevoltait dans la cuisine de la cafetière au grille-pain… - J’ai toujours adoré ça de vous voir gicler… Mes mecs souvent je leur fais… Ils veulent que j’arrête :  - Attends !… Arrête, ça vient !… J’attends pas, j’arrête pas… Au contraire… J’aime presque autant ça que le reste, voir couler… Même plus des fois… T’en reveux un de café ?… Et encore plus avec des types comme toi… Quand tu sais qu’ils ont que ça… Que jamais ils le font avec une femme… Et qu’ils passent leur temps à se faire des films sur toi…

 

 

 

- J’en profite qu’elle soit pas là… Parce que… Bon… Financièrement ça s’est sérieusement arrangé… Il était temps… Alors on s’est dit qu’on allait lui prendre un petit studio… On t’a assez cassé les pieds comme ça !… Seulement elle, elle veut rien entendre… Elle veut rester là… Elle en démord pas… Mais      - comme on lui a dit - c’est quand même à toi de décider, non ?… A toi de voir… Qu’est-ce que t’en penses ?… Oui ?… Comme tu voudras… Mais alors là je peux te dire qu’elle va être contente, ça !… Elle t’a drôlement à la bonne, tu sais !… Tu entendrais comment elle parle de toi !… Et nous, honnêtement, on préfère qu’elle soit là avec toi, au calme pour travailler, plutôt que livrée à elle-même dans un petit logement minuscule où elle passerait son temps à faire la fête avec des copains… On sait comment ça se passe, hein !… On a été jeunes, nous aussi…

 

 

 

- J’en étais sûre!… Ca, j’en étais sûre que tu te précipitais dans mon lit dès que j’avais claqué la porte en bas… C’est encore tout chaud de moi, hein !?… Et il y a mes parfums… Tous… Comment ça doit te faire bander !… Fais voir !… Allez, fais voir, quoi !… Hou la la !… Eh ben dis donc !… Et sans mes petites culottes en plus… Ni mes photos… Ah si, tiens, il y en a une… Je l’avais pas vue… C’est celle que tu préfères ?… Oui ?… On voit pas grand chose pourtant !… On en fera d’autres un jour si tu veux… Des beaucoup mieux… Rien que pour toi… A condition que tu sois bien sage… Que tu me racontes tout, en détail, chaque fois que tu te le fais… Que tu me laisses regarder chaque fois que j’ai envie… Et que tu me laisses te faire sortir, moi aussi, des fois, quand je veux… Et maintenant je veux… Et elle a posé sa main en bas…     

 

 

 

 

Par François - Publié dans : Plaisirs solitaires
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Mardi 29 août 2 29 /08 /Août 07:00

(suite et fin)

V E S T I A I R E S (4)

 

 

 

 

 

- Stéphane n’est pas là ?… - Ah non… Non… Stéphane n’est pas là… C’était Lambert… Tout sourire… - Tu m’offres un café ?… Ses yeux obstinément rivés à ma croupe tandis que je m’affairais dans le coin cuisine… - Merci… Il a longuement tourné sa cuiller dans sa tasse… - C’est pas souvent qu’on a l’occasion de bavarder un peu tous les deux… C’est dommage… - Pour qui ?…    - Au moins pour moi… Je t’observe souvent quand on est tous ensemble… Qu’est-ce tu peux t’emmerder !… - Moi, tu sais, la médecine… - Et moi donc !… Il y a quand même des choses plus importantes dans la vie… - Ah oui ?!… Quoi ?... - Le cul par exemple… - Nous y voilà… - T’es pas de mon avis ?… - Tout dépend ce qu’on entend par là… - Oh, il y a pas trente-six définitions possibles… Le cul c’est le cul… Il a vidé sa tasse d’un trait jusqu’au fond…

 

 

 

- Tu sais ce que je me demande ?… C’est ce qu’une fille comme toi peut bien fabriquer avec un type comme Stéphane… - Moi aussi par moments… - De toute façon tu n’es pas vraiment avec lui… Tu l’as jamais été… Ca se voit, tu sais !… Tu es si lointaine… Ailleurs… Là où tu n’as pas la moindre envie qu’on te rejoigne… Tu es où ?… A quoi tu penses pendant qu’ils débitent leurs petites histoires d’étudiants à la mords-moi-le nœud ?… - Et toi à quoi tu penses?… - Moi ?… Oh, moi, si je te le disais… - Dis toujours… - Tu l’auras voulu… Moi, je te regarde et je me dis que Stéphane ne sait pas la chance qu’il a… Je te regarde et j’essaie de te voir sous tes vêtements… Je te rêve… J’imagine que tu es ma toute première patiente… Que tu es dans mon cabinet… Que tu te déshabilles… Lentement… Si lentement… Tu as quoi, Julie, là sous ta robe en ce moment ?… Une culotte ou un string ?… - Là… maintenant ?… Rien… Rien du tout… - Si tu savais le nombre de fois où c’est comme ça - sans rien dessous - que, dans mes rêveries, tu as été auprès de moi… Un peu partout… Ici… Dans la rue… Mais au restaurant surtout… Souvent… On est tous les deux… Les gens aux tables autour ne savent rien… ne se doutent de rien… - Et en vrai ?… Ca te dirait en vrai ?… Il m’a regardé incrédule… - Si ça me dirait !… - Eh bien on y va alors !…     

 

 

 

 

 

 

C’était une grande et volumineuse enveloppe marron adressée à mon nom et barrée d’un grand PERSONNEL en lettres rouges dans le coin gauche… J’ai d’abord consciencieusement dépouillé tout le courrier de l’agence et puis je l’ai ouverte… Des photos… Des monceaux de photos… De moi… Rien que de moi… Derrière le comptoir… Dans la rue… Au bras de Stéphane… Au Supermarché… Et d’autres d’avant… Sur le campus… Dans le jardin de mes parents… Avec Coralie… Avec des gens d’alors… Dans des endroits d’alors… Ca remontait à… des années… Des années de photos… Et puis, tout au-dessous de la pile, c’était Lambert au restaurant avec moi l’autre soir…

 

 

 

Le téléphone a sonné… Lui… Evidemment… Lui… - Vous n’avez pas honte d’espionner les gens comme ça ?… - Je vous espionne pas… Sa voix… Oh, sa voix… - Je vous espionne pas… Je vous observe… Je vous regarde… Je vous garde… Tout le temps… Partout où c’est possible… Et j’attends… J’attends que vous vous le fassiez… Si vous saviez quel bonheur c’est pour moi chaque fois !… Vos lèvres qui s’entrouvrent… Vos yeux qui se perdent… Tout votre corps qui frémit… Je ne vis que pour ça… Que pour ces instants-là… Depuis 6 ans jamais vous n’avez été vraiment seule… Jamais… Nulle part… Avec personne… Où que vous soyez, quoi que vous fassiez, j’ai toujours trouvé une solution pour ne pas vous quitter des yeux… pour être là avec vous tout près… Toujours… Je suis votre mémoire… Je sais de vous des choses que vous avez oubliées… Que je vous rendrai le jour où vous en aurez besoin… Il vous suffira de demander… - Mais c’est complètement fou ça !… Jamais je me suis rendu compte de rien… Jamais… - Je sais être discret… - Mais vous êtes qui à la fin ?… Pourquoi moi ?… - A la fac vous faisiez partie de l’Association Sportive… Ce jour-là - c’était le 27 Mai - vous longiez la piste… Vous reveniez d’un match de hand-ball… J’étais en compagnie d’un maître nageur de mes connaissances qui vous a montrée du doigt… - Vise cette fille… Vise-la bien !… Je l’ai vue se branler… Dans les vestiaires… J’étais dans celui d’à côté… Et je peux te dire qu’elle faisait pas semblant… Ah, la garce, elle y allait de bon cœur !… Et tout a commencé pour moi…

 

 

 

Un client… J’ai raccroché…

 

 

 

 

 

 

    Les vestiaires, oui !… Ca avait commencé comme ça : on se prélassait au soleil sur un banc… Le square était désert… On avait relevé nos robes très haut sur les cuisses pour bronzer… Trois jeunes - trois lycéens - sont soudain apparus au détour d’une allée… On a vite rabattu pour relever encore plus haut - culottes à découvert - dès qu’ils ont eu dépassé le banc… On a fixé leurs dos… Juste au moment de disparaître il y en a un qui s’est retourné… Qui a vu… Les autres aussi se sont retournés… On a ri sous cape…

 

 

 

- Chiche qu’on le fait là !… - Chiche !… Et on a glissé nos mains dans nos culottes… Un type est passé en courant, à petites foulées, sans nous prêter la moindre attention… Le vieux un peu plus tard, lui, par contre, ça a été moins une… On a juste eu le temps… Il nous a longuement considérées d’un œil soupçonneux…

 

 

 

Comment ça rajoutait du piment de jouer avec le feu comme ça… De courir à tout moment le risque d’être surprises… On a recommencé… Dans les endroits les plus invraisemblables… On était constamment à l’affût pour en dénicher de nouveaux…

 

 

 

Mais notre terrain d’action de prédilection c’était incontestablement les vestiaires… Après l’entraînement du mardi soir… On saisissait n’importe quel prétexte pour traîner… Pour laisser aux autres filles le temps de s’en aller… Pour rester toutes les deux toutes seules… Et…

 

 

 

On était en relative sécurité : les garçons - qu’on entendait s’appeler, courir, chahuter aux alentours -  n’entraient jamais dans les vestiaires des filles… Mais on savait jamais… Il suffisait d’une fois… Dès qu’ils s’approchaient d’un peu trop près on se rajustait précipitamment, on faisait mine de mettre de l’ordre dans nos sacs… Ils passaient… On reprenait…

 

 

 

On venait tout juste de finir… On était en petite culotte, rouges encore du plaisir que l’on s’était offert… La porte s’est ouverte… On n’avait rien entendu venir… Il était grand, athlétique, vêtu d’un survêtement bleu… - Ah, mais il y a encore quelqu’un ici !… Qu’est-ce que vous fichez là vous deux ?… On a balbutié un vague : - On est restées à discuter… On allait partir… Il a haussé les épaules… refermé la porte… - D’un peu plus !… - Qu’est-ce qu’il était beau en tout cas !…

 

 

 

Les parois du vestiaire ne montaient pas jusqu’à l’arête du plafond… Il s’en fallait d’une bonne vingtaine de centimètres… Je l’avais fait remarquer, dès le début, à Coralie… - T’as vu la hauteur ?… Qui c’est tu veux qui monte jusque là-haut ?… De toute façon c’est toujours vide à côté… Il y a jamais personne… La preuve que si…

 

 

 

 

 

 

En bonne maîtresse de maison j’allais les accueillir les uns après les autres au fur et à mesure de leur arrivée… Lambert, je l’ai retenu, par la manche, une fraction de seconde, à l’entrée du séjour… - William… J’ai toujours pas de culotte… Il m’a lancé un clin d’œil…

 

 

 

Ils s’étaient déjà lancés dans l’un de ces débats stériles et vains dont ils avaient le secret… Sur la place de la femme dans la société… Pas moins… La mienne de place je l’avais trouvée… Sur le canapé… Juste en face de William…

 

 

 

Dumas en était convaincu : ce sont les femmes qui reflètent le véritable état moral d’une société… - Parce que - qu’on le veuille ou non - ce sont elles qui mettent les enfants au monde… Scaronni a tranquillement constaté… - En fait ce que tu veux nous dire c’est qu’il faut que les femmes soient vertueuses pour que tu puisses être sûr d’être le père de tes enfants… J’ai croisé les jambes et… le regard de William…

 

 

 

Stéphane a proposé d’élargir le débat… - Parce qu’on s’enlise là… On s’enlise… Non… La vraie question c’est celle de la responsabilité collective… C’est la société qui nous formate en fonction de l’intérêt qu’elle a à ce qu’on soit ceci plutôt que cela… Et comme elle est toute entière centrée sur le profit elle conditionne la femme à être à la fois consommatrice et produit de consommation… - Produit de consommation courante… Tout le monde a ri et Meissonnier a rougi en se demandant ce qu’il avait bien pu dire de si drôle… William gardait le regard obstinément fixé sur mes jambes… Je les ai lentement - très lentement - décroisées et recroisées… Encore plus haut…

 

 

 

- Alors plus une femme va avoir de personnalité et plus elle va se montrer capable de résister à la pression ambiante… Au fond le seul moyen qu’elle ait aujourd’hui de rester elle-même c’est de refuser de rentrer dans le jeu du sexe à tout va qu’on lui propose comme idéal… Scaronni a froncé les sourcils… - C’est bien la peine que tant de femmes aient lutté pour avoir la pleine maîtrise de leur corps et de leur désir… - Sans se rendre compte que c’était en définitive la pire des aliénations… - Ben voyons !… William m’a souri…

 

 

 

 

 

Sylvie Mercier a bondi… - Vous compliquez tout !… Vous compliquez toujours tout… Femme ou homme on n’est pas des animaux… On se respecte ou on ne se respecte pas… un point c’est tout…

 

 

 

William s’est levé… - Vous me faites chier… Vous me faites tous vraiment chier!… Si vous baisiez un peu plus - ou un peu mieux - vous seriez peut-être un peu moins cons… Je m’en vais, tiens !… Salut !…

 

 

 

Je l’ai raccompagné… Avant de refermer la porte sur lui j’ai relevé ma robe jusqu’au-dessus de la taille… 

 

 

 

 

 

 

C’était lui au téléphone… Tous les jours maintenant… - Alors ça y est !… - Quoi ?… - Stéphane est parti… - Vous savez vraiment tout, vous, hein !… Mais il est pas parti… C’est moi qui l’ai viré… - Je sais… C’est pas trop tôt… Depuis le temps que ça lui pendait au nez… - Comment je me sens bien !… Soulagée… Tellement soulagée… - J’ai vu !… Cette nuit que vous avez passée !… Toute entière dans le bonheur de vous… Mais pourquoi vous le faites plus ici à l’agence ?… C’est à cause de moi ?… Parce que, de toute façon, je suis toujours là, vous savez, quand vous le faites… Même ailleurs… J’étais là cette nuit… J’étais là dimanche, dans les bois, quand vous l’avez fait dans votre voiture… J’étais là mardi, chez vos parents, dans votre chambre de jeune fille… J’étais là jeudi, à midi, quand vous vous êtes réfugiée dans les toilettes du restaurant où vous avez vos habitudes… J’étais là le soir quand vous avez recommencé dans celles de la grande surface où vous faites ordinairement vos courses… Je suis là… Je serai toujours là… - Vous êtes le diable… C’est pas possible autrement…  - Non… Je suis ingénieur… Informaticien et électronicien…

 

 

 

 

 

 

Rien n’avait vraiment changé… A l’entrée le gardien nous a regardés passer, William et moi… Il ne nous a rien demandé… On a marché vers les vestiaires… Tout était désert… On a remonté le couloir… Presque jusqu’au bout… L’avant-dernière porte à gauche… Comme avant…

 

 

 

On est restés un long moment immobiles face à face… Et puis on a tiré un banc… On s’y est assis à califourchon les yeux dans les yeux… Longtemps…

 

 

 

Je suis allée sous ma robe… Je l’ai relevée… J’ai été nue… grande ouverte pour lui, abandonnée, béante… Il a sorti sa queue… Et on l’a fait… On s’est regardé le faire…  Bouton titillé, caressé, torturé à doigts avides, impatients, obstinés… Queue décalottée bien à fond… Bout laissé longuement à découvert, offert, à chaque va-et-vient…

 

 

 

Nous ne parlions pas… Nos regards se rencontraient, habités, intenses, se gardaient, se lâchaient pour retourner se poser en bas avec délectation, s’y attardaient… se reprenaient… se retrouvaient…

 

 

 

J’ai rentré deux doigts… Ses yeux se sont embrumés, assombris et il a giclé, éparpillé au hasard sur mes cuisses, sur ma robe, sur le banc… Je l’ai ramassé… Je m’en suis humectée, enduite, lissée pour gémir très doucement mon bonheur, la tête renversée en arrière, les paupières closes… Après on est restés un temps infini sans parler, sans bouger… Bien…

 

 

 

 

 

 

Le surlendemain les photos étaient au courrier… - Elles vous plaisent ?… Elles sont très réussies, non ?… - Oui… mais je voudrais vous demander quelque chose… William et moi on a décidé de se marier… en Octobre prochain… - Je sais… - Et on aimerait bien que vous soyez mon témoin…

Bonne journée à tous et à bientôt pour de nouveaux récits...

 

Par François - Publié dans : Plaisirs solitaires
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Lundi 28 août 1 28 /08 /Août 07:43

V E S T I A I R E S (3)

 

 

 

 

 

Le téléphone… Je n’ai pas retiré mes doigts… J’ai décroché… De l’autre main… - Allo… l’agence de voyages ?… Une voix chaude… sensuelle… caressante… - Oui… - Ca tombe bien… Je voudrais faire un voyage… Une voix profonde venue du ventre, des tripes, de très loin… - Vous avez choisi votre destination ?… - Oh alors ça !… Je m’en fous complètement… N’importe où… ca m’est égal… J’ai ri… - Vous au moins vous n’êtes pas compliqué… ça… on peut pas dire… - Choisissez, vous !… Vous avez l’habitude… Sa voix… Oh, cette voix !… Enveloppante… Pénétrante… - De décider à la place des clients ?… Non… c’est la première fois… - Il faut un début à tout… C’est pas possible, non, mais c’est pas possible une voix pareille… - Vous savez de quoi je rêve ?… De partir comme ça sans savoir où… L’Afrique… L’Amérique du Sud… Le Japon… J’imagine… Je visite dans ma tête… Je parcours des tas de paysages… Jusqu’au dernier moment, à l’aéroport, ça peut être n’importe où… Vous me trouvez un peu fou, non ?… - Non… Juste un peu original… Elle me rend dingue sa voix… Sous le bureau mes doigts s’activent, frénétiques, impatients… - Vous vous en occupez alors ?… - Oh, on va bien vous trouver quelque chose… Vous voulez y mettre combien ?… - Ca m’est complètement égal… - Pour une seule personne ?… - Oui… A moins que vous vouliez partir avec moi… - Vous me connaissez même pas !… - Ca… Vous en savez rien du tout !… - Vous êtes déjà client chez nous ?… - Non… Non… Mais je vous connais très bien… Si vous saviez les heures et les heures qu’on a passées ensemble tous les deux !… - Ah oui ?… Quand ça ?… C’était bon… Non, mais comment c’était bon… - Devinez !… - Mais j’en sais rien, moi !… Vous êtes qui ?… - Ah non !… Ce serait trop facile… Il faut que vous trouviez… Arrête !… Mais arrête !… Tu vas jouir… Si jamais quelqu’un rentre… - Réfléchissez !… Je rappellerai… Bientôt… Qu’il raccroche pas !… Non, qu’il raccroche pas !… - Attendez !… Attendez !… Je… Trop tard… Et j’ai joui, plaisir intense palpitant, toute enveloppée encore dans la chaleur de sa voix…

 

 

 

 

 

 

En fac j’ai couché… Avec Lionel… Avec Fred… Avec Jérôme… Avec Fabien… Avec Etienne… Avec plein d’autres… On couchait, Coralie et moi, avec tous ceux qui voulaient… Avec tous ceux qu’on voulait…On classait nos conquêtes, par ordre alphabétique, dans un petit répertoire… On les notait… Sévèrement… Et on se racontait… Tout… En détail… On se les prêtait… On comparait… On couchait…

 

 

 

Et on s’emmerdait… Et pas qu’un peu… C’était toujours pareil finalement !… Ils étaient tous pareils… Ils s’y prenaient tous pareil… A quelque chose près… On continuait quand même… On en essayait d’autres… On espérait… On attendait… On savait pas quoi… Quelque chose… De différent… D’exceptionnel… De ravageur… Qui nous laisserait ivres de volupté et de bonheur… Mais ça n’arrivait pas… Ca n’arrivait jamais…

 

 

 

C’était au tout début le meilleur quand ils te tournaient autour, que tu les regardais faire leur numéro pour t’avoir, que tu sentais leur désir de toi s’emballer, enfler, s’affoler jusqu’à ce qu’il n’y ait plus que ça qui compte pour eux… Toi… Et leur désir de toi… Qui te donnait envie à toi aussi… Qu’est-ce ça allait être cette fois !… C’était comme d’habitude… Comme toujours… Les mêmes gestes… Les mêmes mots… Jusqu’à la petite giclée finale qui les détachait et les ramenait en eux… Qui les faisait s’éloigner si vite…

 

 

 

- En fait un mec ça te gêne pour jouir… Plus qu’autre chose… C’est toujours à contretemps… Ca t’impose son rythme à lui… Non… Il y avait pas de doute : c’était bien mieux toute seules… Avec nos images… En s’inventant nos histoires… En les utilisant comme on voulait les mecs… En les mettant dans les situations qu’on voulait… On pouvait tout vivre toutes seules… Beaucoup mieux… Et on s’en privait pas…

 

 

 

 

 

 

Encore… Encore… Plus je le fais et plus j’ai envie… Ca a toujours été comme ça… Un coup d’œil à Stéphane endormi à mes côtés et je pars… Seule… Son hôpital… Madame Muller… La professeure Muller, chef du service de dermatologie… Elle parcourt rapidement la lettre du gynécologue… - Oui… Bon… Bon… Eh bien on va voir ça… Vous vous déshabillez - complètement - dans la cabine là… et vous passez dans la salle d’examen à côté…

 

 

 

Quand je pousse la porte… ils sont tous là… Tous… En groupe compact… Stéphane… Lambert… Scaronni… Valon… Gourdon… Dumas… Plus une douzaine d’autres que je ne connais pas… Je me fige, stupéfaite… Un petit cri et je m’enfuis… Je bats en retraite précipitamment vers la cabine… Derrière moi il y a quelques rires étouffés en sourdine… D’autres plus francs… La voix de Madame Muller me cloue sur place… - Eh bien !… Eh bien !… Qu’est-ce qui vous arrive ?… C’est juste un examen… Ca fait pas mal du tout… Vous êtes une grande fille quand même maintenant !… Quel âge vous avez ?… - 26 ans… - Eh bien alors !… Allez… Venez ici !… Et je reviens… Un pas… Deux… Cramoisie… Les yeux baissés… les bras ballants… - Bien… Alors cette jeune fille nous a été adressée par son gynécologue… Elle présente sur les petites lèvres une lésion cutanée sur la nature de laquelle il souhaiterait avoir notre avis… Nous allons voir si vous êtes capables de poser le diagnostic… Et elle me montre, bras tendu, la table d’examen…

 

 

 

Les pieds dans les étriers, je suis ouverte, offerte, béante… Leurs regards me fouillent, me pénètrent, m’envahissent… Je fixe la grosse lampe au-dessus de ma tête… La lumière crue m’étourdit, m’éblouit… Debout à côté de moi, Madame Muller se lance dans d’interminables considérations techniques… Et puis elle m’ausculte… Elle écarte, elle scrute, elle tâte sans ménagement… - Bon… Bon… Un cas intéressant… et assez peu courant… Alors à vous maintenant… Pas tous ensemble… Par petits groupes… Allez… Alors qui commence ?… Monsieur Lambert ?… Mais oui… Monsieur Lambert pourquoi pas ?… Lambert évidemment…

 

 

 

Et Lambert se penche, touche, palpe, insistant, tiraillant… fait semblant d’hésiter, recommence… Il en profite tant qu’il peut, le salaud !… Il hasarde un terme médical… - Pas du tout !… Vous n’y êtes pas du tout !… - Ah non ?… Et il y retourne… - Bon… mais ça peut peut-être suffire, monsieur Lambert, non ?… Un grand éclat de rire parcourt le groupe… - Qui d’autre ?… D’autres mains… D’autres doigts… Doux ou rugueux… A touches légères ou appuyées… Scaronni qui se promène tranquillement dans mon intimité, qui l’occupe, qui l’habite… Meissonnier empourpré qui ose à peine toucher, qui se contente d’une vague promenade de surface, impatient d’en avoir fini… Dumas en entomologiste consciencieux qui semble surtout vouloir vérifier si je suis bien faite comme tout le monde…

 

 

 

Et puis les filles… Valon qui effleure à peine à doigts de plume… Mercier distante, lointaine, une vague moue dégoûtée au coin des lèvres… Et puis Malard si précise, si juste, si complice que forcément tu sais qu’elle se le fait aussi… Des doigts… encore des doigts qui tâtent, longent, parcourent, déplient, déploient, s’approprient, se font troublants à force de solliciter… - Bon… Eh bien on va s’en tenir là… Parce que manifestement la jeune fille ça commence à la mettre en appétit tout ça… Je suis écarlate… Encore une bordée de rires… Tranquilles… Longtemps égrenés… La fille brune juste en face me fixe droit dans les yeux sourire mi-narquois mi-complaisant…

 

 

 

On me libère… Je saisis l’ordonnance… Je m’enfuis jusqu’à la cabine… Je me rhabille tremblante de confusion, de honte, d’un plaisir inachevé… que je réactive en rappelant - en convoquant - encore et encore leurs doigts jusqu’à m’en épuiser…

 

 

 

 

 

 

- Alors ?… Vous avez pensé à mon voyage ?… Vous m’envoyez où ?… Lui… Sa voix… Lui… Et décidément… toujours au bon moment… Il a le chic… - Il vaudrait mieux que vous passiez à l’agence, vous savez !… - Alors je suis qui?… Vous avez trouvé ?… Toujours aussi envoûtante sa voix… Envie… tellement envie… Mes doigts se font ardeur… - Non… Non… J’ai beau chercher… Je vois pas… - C’est pas bien compliqué pourtant… On est voisins… - Voisins ?!… Comment ça ?… - Levez la tête !… L’immeuble en face… Deuxième étage… J’ai précipitamment retiré ma main avec un petit cri… Il a ri d’un rire tranquille un peu moqueur… - Oh, depuis le temps que je vous vois faire, vous savez !… Un peu plus un peu moins… - Mais je croyais qu’il y avait personne, moi, en face !… C’est tout abandonné… - Justement !… On rentre comme on veut… Non… Un peu plus à gauche je suis… Là… Vous voyez ma main ?… Coucou, Julie… - Mais c’est que vous avez des jumelles en plus !… - Ah ben oui !… On voit nettement mieux… - C’est complètement fou ce truc… Vous êtes complètement fou… - Tous les jours je suis là… Depuis le premier jour où vous avez été embauchée… Tout le temps… Je sais tout de vous… Je connais tous vos gestes… Votre petit coup de tête pour ramener vos cheveux en arrière… Votre façon de suçoter votre stylo quand vous réfléchissez… Votre regard quand vous vous touchez sous le bureau… Le voile sur vos yeux quand vous vous retenez… Comment vous avez joui l’autre jour quand je vous ai appelée !… C’était la première fois… Toutes les autres fois… J’ai raccroché… Je l’ai aussitôt regretté…

 

 

 

 

 

 

Ce qu’elle dessinait bien Coralie !… - T’aurais dû faire les Beaux-arts… - Ca leur aurait pas plu… Elle dessinait des queues… Seulement des queues… Celle du prof d’Anglais imaginée perdue au cœur d’une forêt de poils… Celle du prof de linguistique, ridiculement petite, exhibée au milieu de grappes d’étudiants qui la montraient du doigt en ricanant… Eux aussi, nos camarades, y avaient droit… On n’était pas toujours d’accord… - Elle est pas comme ça celle de Mathieu, attends !… - Tu l’as vue ?… - Non… - Eh bien va vérifier… Tu discuteras après… - Mathieu ?… Non, merci… Sans façons…

 

 

 

Et puis nous deux… Assises en amphi la jupe retroussée jusqu’aux hanches, la culotte sur les chevilles, les jambes largement écartées… On se branlait, deux doigts enfoncés dans la chatte, ceux de l’autre main en déchaîne sur le clito… Les yeux fous on fixait le prof de linguistique générale qui s’activait sur une bite gonflée, décalottée, démesurée en contemplant, hagard, nos entrejambes ouverts…

 

 

 

Et on le faisait ensemble… Sans la moindre pudeur… Aussitôt les cours terminés on se précipitait chez l’une ou chez l’autre et on le faisait… On étalait les dessins de Coralie sur le lit et on s’enflammait… On murmurait, on criait, on hurlait les mots les plus orduriers qu’on pouvait trouver… Ou bien au contraire on s’enveloppait de douceur en volutes légères qui s’élargissaient à l’infini… On se regardait… Le plaisir de l’une se nourrissait du plaisir de l’autre… Souvent, au matin, on se réveillait côte à côte, épuisées…

( Suite et fin demain )

Amitiés à toutes et à tous...

Par François - Publié dans : Plaisirs solitaires
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Dimanche 27 août 7 27 /08 /Août 08:40

Comme promis...

V E S T I A I R E S (2)

 

 

 

 

 

Stéphane ne sait rien… Il ne saura rien… J’ai pas envie d’expliquer… De justifier… Il me baise… Ca devrait me suffire… Bien… Il en est persuadé… Il finit ses études de médecine… alors les femmes il connaît, tu parles !… Il connaît que ça… - C’était bon ?… Et il s’endort satisfait, rassasié, dans la bonne conscience du devoir accompli…

 

 

 

Je me rappelle même pas comment on s’est connus ni quand ni où… Ni la première fois avec lui… J’ai beau fouiller ma mémoire… Rien… Ce qui s’appelle rien… J’imagine sa tête si je lui demandais… Sa stupéfaction… Il ne me croirait pas… Impossible… Impossible que j’aie pu oublier  des moments à ses yeux sans doute si idylliques…

 

 

 

En tout cas il a été là… Ca, c’est sûr… Un peu d’abord… Une fois par ci une fois par là… Et puis plus souvent… Il a amené des affaires… Par petits lots… Il a habité la chambre, la salle de bains, le séjour… Je l’ai laissé faire… lui ou un autre… Il me dérangeait pas… Toujours le nez dans ses bouquins… Ca faisait une présence… Et ça me permettait de dire que… oui… oui… bien sûr… j’avais quelqu’un…

 

 

 

Maintenant il est là… Tous les soirs… sauf le week end : il va chez papa-maman… Maintenant on est ensemble… Il le croit en tout cas… Ca va de soi… Ca se discute même pas… Qu’est-ce que je pourrais espérer de mieux ?

 

 

 

Notre vie elle est déjà là toute entière devant nous sur des rails… Finie… Bien sûr il aura son cabinet… Dans une ville… Le Berry sûrement… Pour ne pas être trop loin de papa-maman… Pas trop grande… Pas trop petite non plus… Ce sera dur au début… Pendant un an ou deux… Le temps qu’il se fasse une clientèle… Et puis après… Evidemment je ne travaillerai pas… Pas la peine… Pour quoi faire ?… D’ailleurs ce serait mal vu… - Une femme de médecin, tu sais, là-bas il faut qu’elle tienne son rang… Non… J’élèverai nos enfants… Deux… Qu’on regardera amoureusement grandir… Qui seront médecins aussi un jour… Qui se spécialiseront… Dermato… Ou stomato… Ca rapporte… Et puis t’es pas dérangé la nuit…On aura notre maison… Grande… Claire… Spacieuse… Mélange harmonieux, subtil, d’ancien et de moderne… Je ne m’ennuierai pas… Non… On recevra l’été au bord de la piscine… Des vétérinaires… Des notaires… Des commerçants… Et puis un jour il sera maire… Conseiller général peut-être… Sûrement… Pourquoi pas ?… Et puis après qui sait ?… Oui… Qui sait ?… Sans moi… Ca fait pas l’ombre d’un doute… Sans moi…

 

 

 

 

 

 

Si c’était déjà tellement bon comme ça toute seule avec ses doigts qu’est-ce que ça devait être avec un garçon alors !… J’arrêtais pas d’y penser… J’essayais d’imaginer ce que ça pouvait faire quand on les avait à l’intérieur et qu’ils allaient et venaient comme on voit dans les films quand les parents sont pas là… - Qu’est-ce que tu veux que je te dise ?… Ca s’explique pas… Ca fait du bien, c’est tout… Jennifer les garçons elle connaissait… Elle couchait… Tout le monde le savait… - Le mieux c’est que t’essayes au lieu de te poser tant de questions… Ils demandent que ça n’importe comment…

 

 

 

Au cinéma il était juste derrière avec deux copains… A raconter tout un tas de bêtises pour faire rire… On a ri… On s’est retournées… Quand le film a commencé il a pas arrêté de me respirer tout près à l’oreille… De me toucher les cheveux en faisant semblant que ce soit pas exprès…

 

 

 

A la fin il m’a attendu tout seul dehors sur les marches… Jennifer s’est éclipsée… - Ca t’a plu ?… - Quoi ?… le film ?… - Ben oui, tiens !… Qu’est-ce tu veux d’autre ?… J’ai baissé les yeux… J’ai rougi… - Oh oui… oui… pas mal…   - Nul à chier, oui, tu veux dire… Je t’en prêterai, moi, des films… Tu verras, c’est autre chose… T’es pressée là ?… - Oui… Non… Pourquoi ?… - Comme ça… On discute alors ?!… - Si tu veux…

 

 

 

En marchant le long du cinéma… Derrière le cinéma… - T’as qui en Français ?… Ah oui ?… Oh là là… Quelle tache, celle-là !… Dans la ruelle au bout… - Et Courtecuisse ?… Il y est toujours Courtecuisse ?… Dans l’impasse entre les haies… Jusqu’au fond… Il s’est arrêté… Il s’est tu… Il m’a attirée, pressée contre lui, trituré les fesses à pleines poignées, malaxé les seins, embrassée à langue fouilleuse, gluante, poussée, collée contre le mur… Il a ouvert mon pantalon, l’a descendu avec la culotte, cherché, fouillé avec ses doigts et il a enfoncé sa queue… Une douleur sèche… Une brûlure… De grands coups de reins en soufflant fort… Le granité du mur me picotait les fesses… Ca a giclé à petites secousses… Il est sorti… Il s’est reculotté… - On se revoit ?… - Si tu veux… - Bon… ben salut alors… Je t’appellerai… Il l’a jamais fait…

 

 

 

Je suis rentrée lentement à travers les rues… Alors c’était ça ?… C’était que ça ?… Je suis restée longtemps sans sommeil, mains sous la nuque, avant d’aller retrouver les joueurs sous la douche… Ils m’ont rendue heureuse… Si heureuse…

 

 

 

 

 

 

Le soir, quand Stéphane dort, souvent, en pensées, je retourne là-bas… Mes doigts s’égarent sous le bureau, courent sur ma chatte, habitent mon con… Quelqu’un entre… C’est le monsieur de ce matin si classe, si séduisant, qui voulait partir pour l’Italie… Trop absorbée par moi-même, je ne l’ai pas vu, pas entendu arriver… Ou je n’ai pas voulu… Il est déjà au comptoir quand je réalise, me redonne - très vite - une contenance… Il a compris… Il a tout compris… A la fois stupéfait, complice et un peu narquois… - L’Italie… oui… l’Italie… Vous avez plusieurs options… Je tourne les pages, souligne les tarifs du bout de l’ongle… Il ne m’écoute pas… Son regard court tranquillement de mes doigts luisants de mouille à mes seins proposés, sous le corsage échancré, dans leur écrin de dentelle… - La première option c’était quoi déjà ?… Je la lui tends… Il me saisit la main… Je la lui abandonne… Il la porte à ses narines, y cherche mon odeur… Et puis il lèche mes doigts… Les deux… Tout entiers… Patiemment… Les yeux à demi clos… Longtemps… - Tu as bon goût… Très bon goût… On se regarde par dessus le comptoir… Intensément… - La première option… Oui… Ca ira très bien la première option…

 

 

 

Je me rassieds pour remplir les formulaires… Je recule ma chaise… Je croise haut les jambes… Le plus haut possible… Il fixe mon entrejambes… A travers le pantalon il se la presse, se la masse, se la pétrit furieusement… Je relève ma robe… Je lui laisse voir… Tout voir… Et il jouit, les yeux embués, la bouche entrouverte… Tout retombe… Il s’enfuit… - Eh !… Et le séjour ?… Il est déjà parti…

 

 

 

Tu ne peux pas t’échapper… Tu ne peux rien faire d’autre qu’aller chercher toi aussi ton plaisir… Emportée… laminée… chavirée… Tu ne peux pas t’arrêter… Tu peux ne pas te retenir… Et tu jouis, agrippée de l’autre main au rebord du bureau… Un plaisir violent… intense… ravageur…

 

 

 

Le couple de retraités - le petit vieux avec sa casquette, la petite vieille avec son cabas - le couple de la journée de tout à l’heure entre à petits pas… Et toi, tu es là, submergée de jouissance, hoquetante de plaisir… Les yeux de la vieille s’écarquillent… sa bouche s’arrondit en un Oh !… de stupéfaction… - Oh ben ça alors !… Oh ben ça alors !… Si c’est pas une honte !…

 

 

 

Les petits yeux chafouins du vieux t’ont d’abord contemplée, ravis, salaces… Et puis ils épousent la cause de sa femme, se font réprobateurs, s’offusquent… - Allez, viens… Viens… On restera pas une seconde de plus ici…  

 

 

 

 

 

 

Stéphane m’arbore partout à son bras… Je suis sa vitrine, son enseigne… Pas un bal d’étudiants, pas une réunion auxquels je puisse échapper… A de très rares exceptions près ils ne se fréquentent qu’entre eux et n’ont qu’un seul et unique sujet de conversation : le C.H.U… les profs… les scanners… les opérations…

 

 

 

Ca donne pas vraiment envie d’être malade :  à les entendre la plupart des chefs de service le sont devenus à force de bassesses et de compromissions et brillent surtout par leur incompétence… Ils multiplient erreurs de diagnostic et incohérences que les simples étudiants qu’ils sont parviennent heureusement - le plus souvent - à faire rectifier à temps…

 

 

 

Je les connais presque tous ses copains à force… Meissonnier, le pierrot lunaire… tellement gentil… tellement adorable… mais tellement inquiet de tout qu’il te viendrait même pas à l’idée de lui confier ta santé… Alors que Scaronni… Scaronni si sûr de lui… si paisible… si rassurant… Il peut pas se tromper Scaronni… Il te protège… Il peut rien t’arriver… Dumas… Qui sait toujours tout mieux que tout le monde… Qui a toujours raison… Qui veut toujours avoir le dernier mot envers et contre tous… Ca peut durer des heures… Lambert… Lambert, lui, au moins tu sais pourquoi il fait médecine… Il veut voir du cul… Il s’en cache pas… Il le proclame haut et fort… Le plus de culs possible… Ce qui révulse Sylvie Mercier, « Notre-Dame des neiges », qui considère la médecine comme un sacerdoce auquel elle est bien décidée à sacrifier tout le reste… Emilie Valon, elle, est persuadée que tous les hommes - sans aucune exception - sont amoureux d’elle… Ce qui - prétend-elle - lui rend la vie impossible… Quant à Sophie Gourdon c’est de Stéphane qu’elle est amoureuse… Elle le couve des yeux… Elle ne le quitte pas d’une semelle… Qu’elle le prenne si elle veut… si elle y arrive… - ce qui m’étonnerait d’ailleurs ! - je le lui donne… Et de bon cœur…

 ( Encore une suite demain... si tout va bien... )

Bon dimanche à tous...

Par François - Publié dans : Plaisirs solitaires
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